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L'audiovisuel public en Europe

Alors que l'audiovisuel public grec a été rayé de la carte en une décision gouvernementale, "la semaine des médias" s'intéresse à la situation des autres services publics européens. Situation très différente de l'exemple grec mais qui doit malgré tout faire face à des contraintes budgétaires fortes.

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Dans l'ensemble des services
publics, BBC en GB, Rai en Italie, France télévisions en France, on ressent les
mêmes contraintes budgétaires fortes. Ces chaines sont très généralement
financées par la redevance mais aussi par une part de publicité, notamment en France
et en Allemagne pour la ZDF. "Donc certaines souffrent à la fois des
restrictions budgétaires mais en plus de la réduction du marché publicitaire
"
explique Gilles Fontaine, directeur général adjoint d'IDATE, Institut de
l'Audiovisuel et des Télécoms en Europe.

Le financement en question

Le financement public est
important : environ un quart de l'ensemble. Mais là où l'on était dans une
augmentation de la redistribution, on sent qu'on est dans une restriction,
voire une renégociation du périmètre des chaines de service public.

Il faut voir qu'il y a deux
approches de ce qu'est le service public. Aux États-Unis, le service public
fait ce que le privé ne peut pas faire. Et compte tenu de l'importance des chaînes
thématiques, cela laisse de moins en moins d'espace pour l'audiovisuel public. "Aujourd'hui,
ces chaînes ne représentent presque plus rien en audience et sont financées de
plus en plus par le sponsoring des grandes entreprises
" complète
Gilles Fontaine.

En France et partout en
Europe, on a toujours considéré que le service public devait être une
alternative complète aux chaînes privées et donc de développer une offre
complète.

Mais le secteur audiovisuel
se développe, il y a de plus en plus de chaînes et c'est donc de plus en plus
difficile pour le service public de s'aligner sur l'offre du privé.

Des parts d'audience importantes

Si la part d'audience en Grèce
est très faible (moins de 10% en moyenne), ce n'est heureusement pas le cas
dans le reste de l'Europe. En Allemagne, le service public réunit de l'ordre de
37% des téléspectateurs, 35% en Italie, 27% en Angleterre... En France, on est
dans la fourchette la plus basse, de l'ordre de 25% pour les différentes chaînes
de France télévisions.

Il faut dire aussi que la
redevance n'est pas vécue de la même façon partout en Europe. D'abord, parce qu'elle
n'est pas du même montant. " Souvent son rôle n'est pas très clairement
perçu d'autant plus quand les différences entre ce que le téléspectateur voit
sur les chaînes publiques et sur les chaînes privées sont très minimes. "C'est
tout le dilemme du service public
, explique Gilles Fontaine. Montrer sa valeur
avec des programmes attractifs qui justifient le montant de la redevance et se
différencier de ses concurrents de l'audiovisuel privé.
"

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