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Des souris poussées au suicide par un parasite

Certains parasites parviennent à manipuler l'animal qu'ils ont infecté au point de lui faire adopter un comportement suicidaire.

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Si vous voyez une souris courir après un chat, il y a fort à parier que la souris en question est infectée par Toxoplasma gondii , le parasite responsable de la toxoplasmose. Cet organisme microscopique qui fait perdre aux souris leur peur innée des chats, doit impérativement passer par l'intestin des félins car c'est là et uniquement là qu'il peut se reproduire.

Le fait que les souris infectées se montrent moins farouches voire attirées par leur prédateur augmente donc fortement les chances pour le parasite d'avoir une descendance. On comprend donc que ce mécanisme ait été sélectionné au cours de l'évolution. Ce qui est moins bien compris des scientifiques c'est la façon dont le parasite prend le contrôle de son hôte.

Des chercheurs avaient émis l'hypothèse que l'agent pathogène générait des sortes de kystes au niveau des neurones du rongeur ce qui engendrait une augmentation de la production de dopamine, une molécule qui joue un rôle important dans la régulation du comportement.

Mais une étude récemment parue dans la revue Plos One vient mettre à mal cette théorie. Les auteurs expliquent qu'ils ont infecté des souris avec un parasite génétiquement modifié de façon à être moins dangereux. Cet agent infectieux diminué n'a provoqué la formation d'aucun kyste et a rapidement été éliminé par le système immunitaire des rongeurs. Mais les chercheurs ont constaté avec surprise que même après la disparition du parasite, les souris apparemment guéries présentaient en réalité des séquelles puisqu'elles continuaient à ne pas manifester de rejet particulier à l'égard des chats.

Les tests ont montré qu'elles ne fuyaient plus devant des odeurs propres au félin alors que les souris saines ont une aversion innée pour ces odeurs.

Contrairement à ce que l'on pensait le parasite agit donc dans les tous premiers temps de l'infection et transforme de façon durable le cerveau des rongeurs sans avoir besoin d'y rester longtemps.

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