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Un traitement hors de prix pour soigner les patients atteints d'hépatite C

La 7e conférence internationale francophone VIH/hépatites se tient actuellement à Montpellier. Tous les yeux sont tournés vers les nouveaux médicaments qui pourraient permettre de guérir près de 100% des patients atteints d'hépatite C. Mais les spécialistes dénoncent leur coût prohibitif comme le confirme le professeur Stanislas Pol. 

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En France 230.000 personnes vivent avec le virus de
l'hépatite C. 

Un virus qui est responsable de plus de 2.500 décès chaque
année. L'arrivée de nouveaux traitements, moins longs à prendre, plus efficaces
et bien mieux tolérés, va bouleverser la prise en charge de cette maladie.

Mais
rien n'est simple car le prix de ces médicaments risque d'être très élevé. Le
Pr Stanislas Pol, chef du département d'hépatologie de l'hôpital Cochin à Paris,
confirme que 90.000 personnes sont contaminées par le virus de l'hépatite C en
France et ne le savent pas. "L'hépatite C est une maladie infectieuse. Le
virus C se transmet par le sang lors d'échanges de seringues par exemple) et
par voie sexuelle et il s'attaque au foie. Cette maladie peut être silencieuse
pendant très longtemps, sans aucun symptôme pendant des années. Cette maladie
peut évoluer vers une hépatite chronique et plus tard une cirrhose voire un
cancer du foie. 50 à 90% des personnes, qui portent le virus, vont souffrir
d'une cirrhose ou d'un cancer. D'où l'intérêt de se traiter, surtout au tout
début, quand le virus commence à détériorer le foie. Il faut prévenir les
formes graves, éviter la cirrhose, et bien évidemment le cancer."

Les traitements qui existaient ces dernières années avaient
de nombreux inconvénients comme "l'Interféron en injection et un autre
médicament antiviral sous forme de comprimé à prendre pendant 6 à 12 mois, avec
effets secondaires très difficiles à accepter type grippe, fatigue,
dépression, anémie". Les nouveaux traitements proposent de "nouvelles
molécules qui vont permettre d'éradiquer cette maladie, soit de guérir presque
100% des patients. Ce sont gélules -donc plus d'injections- prises lors de
traitements courts (3 à 6 mois contre 6 à 12 mois) et très bien tolérés. On
peut vivre normalement en prenant ces gélules. C'est donc une révolution."

Reste le prix très élevé des nouveaux médicaments. Les
spécialistes, réunis aujourd'hui à Montpellier, s'insurgent : on ne pourra
sans doute pas les proposer à tous les patients ? Pour le prix, on parle
de 60.000 à 100.000 euros par patient
. "A priori les nouveaux malades
seront traités que lorsqu'ils présentent une contre-indication aux médicaments
déjà existants ou pour les patients les plus graves. Les autres doivent se
contenter des traitements à base d'interféron."  

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