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Un oeil bionique pour retrouver la vue

Un œil bionique capable de redonner une vision partielle à des personnes aveugles a convaincu la Haute Autorité de Santé et le Ministère de la Santé. Il y a une dizaine de jour, le Ministère a annoncé que, désormais, la Sécurité Sociale allait prendre en charge ces implants bioniques.

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Une trentaine de patients devrait être prise en charge chaque année, dans le cadre du forfait innovation qui vise à accélérer la mise à disposition d'une thérapie ou d'une technique, certes expérimentale, mais qui permet déjà une amélioration de l'état des patients.
Ce sera la première fois qu'un tel forfait sera appliqué, et le choix de l'œil bionique est loin de tenir au hasard. Il est la preuve que la recherche en ophtalmologie est en pleine effervescence avec des espoirs énormes pour les malades.

Ces implants donnent déjà des résultats. Depuis 2008, une centaine de personnes dans le monde ont été équipées . Toutes étaient devenues aveugles à cause d'une rétinite pigmentaire (maladie incurable qui détruit peu à peu la rétine), et toutes ont retrouvé des perceptions visuelles.

Les patients traités distinguent le contour d'objets simples, peuvent lire des lettres ou des phrases. Au quotidien, il leur est même parfois possible de réapprendre à se déplacer à l'aide de leur œil bionique. Certes, leur vision est encore très imparfaite mais les témoignages n'en sont pas moins enthousiastes.

Le fonctionnement de l'œil bionique

Les chirurgiens déposent au fond de l'œil une puce électronique (de trois millimètres de côté) qui va faire, en partie, le travail de la rétine. La puce va capter la lumière, puis la convertir en impulsions électriques avant de les envoyer, via le nerf optique, jusqu'au cerveau. Les informations visuelles pourront donc être analysées et ce que l'œil bionique aura perçu sera reconnu.

Pour l'instant, les patients ne sont équipés que sur un seul œil parce que la gestion de la vision binoculaire reste trop compliquée.

Le modèle des implants

Il existe deux modèles d'appareils. Le premier, Argus II, est né aux Etats-Unis en 2008. C'est lui qui va être remboursé en France. Le second modèle, Alpha-IMS, a vu le jour en Allemagne, en 2010. Il devrait bientôt être testé ailleurs en Europe.

La différence principale entre les deux implants se fait sur la façon dont les images sont captées :

Sur Argus , le patient porte des lunettes équipées d'une mini-caméra qui filme devant lui. Les images filmées sont alors envoyées par liaison radio vers l'implant placé sur la rétine.Du côté d'Alpha-Ims , en revanche, pas de caméra. L'implant récupère directement les images par le biais de composants, des diodes sensibles à la lumière. L'avantage, c'est la fluidité de la vision. Pas besoin de tourner la tête pour diriger la caméra vers l'objet à regarder.

A l'avenir

Le premier défi à relever sera d'améliorer la résolution des images perçues, ensuite seulement, (si tout se passe bien), un deuxième défi pourra être relevé par les chercheurs : sortir du cas particulier

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