Cet article date de plus de neuf ans.

Sommes-nous tous accros ?

écouter (4min)
Sexe, internet, réseaux sociaux, jeux vidéo, achats compulsifs, travail et même bronzage : les addictions sans drogue sont de plus en plus fréquentes. Mais il existe aujourd'hui des prises en charge adaptées pour ces accros d'un nouveau genre.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
  (©)

Le Dr Laurent Karila, psychiatre, addictologue au Centre de
Recherches et de Traitements des Addictions à l'hôpital Paul Brousse à
Villejuif, vient de publier, Accro !, chez Flammarion. Un livre qui
déstigmatise le mot addiction et qui traite des maladies afin d'éclairer les
gens.

Nous sommes des millions à utiliser Internet et les
smartphones plusieurs heures par jour. Sommes-nous pour autant accro à
Internet ou au portable ?

"On rentre dans l'addiction quand on consomme de manière
régulière, quand on perd contrôle, quand on perd du temps, quand on souffre
",
explique le Dr Laurent Karila. "On utilise ces comportements pour ne plus
souffrir et c'est un cercle infernal.
"

L'addiction au bronzage est peu connue mais elle existe. Des
patients très bronzés continuent à aller en cabine de bronzage et deviennent
dépendante aux UV malgré des lésions sur la peau, voire des cancers de la peau. "C'est le culte de la beauté et de l'esthétique qui dépasse le fait d'être
bronzé
", explique le Dr Karila.

Le point commun entre les addictions sans drogues

Les données sur les addictions comportementales sont encore
rares, mais des travaux menés sur l'addiction à internet montrent que le système
cérébral, appelé système de récompense, est altéré comme de la même manière que
dans les addictions aux drogues. "Il y a des modifications neurobiologiques
et neurochimiques identiques à celles induites par le tabac, la cocaïne ou l'héroïne.
"

La prise en charge

Il faut une prise en charge pluridisciplinaire avec
différents acteurs qui vont participer à la prise en charge du patient. Le
programme comprend des thérapies comportementales, pour trouver les stratégies
pour déshabituer le patient, et un travail de fond analytique, pour comprendre
ce qui a rendu possible l'addiction, dans la vie du patient.

Il faut aussi traiter les problèmes associés : souvent
l'addiction sans drogue s'accompagne de dépression. Parfois aussi, ces patients
ont recours à des drogues : par exemple, ils prennent des produits
stimulants afin de pouvoir passer toute la nuit sur Internet .Il faut une prise
en charge à plusieurs facettes.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.