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Lutter contre l’inégalité d’accès au dépistage du cancer de l'utérus

Généraliser le dépistage du cancer du col de l’utérus, c’est l’une des priorités du nouveau plan cancer. Alors que certaines femmes se font trop souvent dépister, d’autre ne le font pas assez. Comment lutter contre l’inégalité d’accès au dépistage ?

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(© Maxppp)

Les recommandations sont claires : il faut faire un dépistage tous les trois ans. Pourtant, certaines femmes le pratiquent tous les ans, tandis que d’autres ne le font jamais ou beaucoup trop rarement.

En 2010, pour lutter contre l’inégalité d’accès au dépistage, 13 départements ont décidé de mettre en place des campagnes ciblée. Le principe est d’envoyer un courrier au domicile de ces femmes qui n’ont pas fait de dépistage depuis au moins trois ans. Ces campagnes ciblées ont permis d’augmenter en moyenne le taux de participation de13% et désormais 60% des femmes participent régulièrement au dépistage dans ces départements.

De fortes disparités

Certains départements particulièrement à la traine ont bénéficié de progression encore plus nette. Dans le Cher, le taux est passé de 27% à plus de 50%. On est encore loin des 80% de participation, le seuil qui pourrait permettre de diviser par deux le nombre des nouveaux cas et la mortalité selon la haute autorité de santé publique. Même s’il est en régression depuis 30 ans en France, le cancer du col utérin touche encore près de 3.000 femmes par an et entraînent 1.000 décès par an.

L’origine du cancer du col de l’utérus

Ce cancer a presque toujours une origine virale. Les virus incriminés sont des papillomavirus qui se transmettent à l’occasion d’une relation sexuelle, mais leur présence ne signifie pas forcément qu’il y aura un cancer. Très souvent l’organisme infecté parvient à se débarrasser du problème tout seul. Dans le cas contraire, des lésions précancéreuses apparaissent et certaines d’entre elles vont laisser la place à un cancer.

Le dépistage

Le frottis, l’examen recommandé pour le dépistage, permet de repérer des lésions précancéreuses avant qu’elles dégénèrent. Le médecin prélève un échantillon de cellules sur l’utérus et il est analysé en laboratoire. Si des anomalies apparaissent, la patiente peut être traitée avant même de développer un cancer.

Pourtant, certaines femmes hésitent encore à se faire dépister car certaines femmes repoussent l’idée du dépistage par peur du geste médical (même s’il n’est pas douloureux) et d’autres ont du mal à trouver un gynécologue pas trop loin de chez elles et à obtenir un rendez-vous.

Un dépistage complémentaire

Un dépistage complémentaire est à l’étude. C’est un auto-prélèvement qui se fait à l’aide d’un long coton tige que la patiente introduit elle-même dans son vagin, trois petits tours, et on le dépose dans un tube. Ensuite, on l’envoie au laboratoire.

Ce test par auto-prélèvement ne permet pas de repérer les lésions précancéreuses mais la présence ou nom de papillomavirus. Des essais menés en Indre-et-Loire montrent que ce dépistage est fiable à 94% et qu’il permettait de décider les femmes à faire des frottis, si la présence de papillomavirus a été détectée.

(© Maxppp)