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La restriction calorique contre le cancer

Depuis quelques années, l'utilité du jeûne ou de la restriction calorique est évoquée dans la lutte contre le cancer. Plusieurs séries d'expériences réalisées sur des animaux de laboratoire donnent, il est vrai, des résultats impressionnants. La dernière étude en date a été réalisée sur des rongeurs par une équipe du centre méditerranéen de médecine moléculaire basée à Nice. Le point avec Caroline Tourbe, journaliste pour le magazine Science et Vie, spécialiste des questions de santé et de science.

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Les chercheurs ont pris des souris atteintes de lymphomes, des
cancers qui touchent le système lymphatique et les ont soumises à une restriction
calorique : 25% de calories en moins pendant une vingtaine de jours. Les animaux
ont ensuite été traités par chimiothérapie.

Chez les animaux malades mis au régime, les traitements sont
plus efficace et la survie plus longue que chez ceux qui ont mangé à leur faim
!

Le but n'est pas d'affamer l'organisme pour affamer les
tumeurs, mais d'exposer les cellules cancéreuses à une sorte de stress
biologique, une modification de leur environnement qui les poussent à s'adapter.

Des cellules qui s'adaptent

Les cellules cancéreuses s'adaptent à la restriction
calorique en mettant en sommeil un gène qui les aide, normalement, à croître et
à se multiplier quasiment à l'infini. Cette croissance infinie, cette
immortalité, est l'une des caractéristiques du cancer.

La restriction calorique met ce gène d'immortalité en
sommeil et la cellule cancéreuse perd, alors, une de ses bottes secrètes pour
résister au traitement. Résultat, les médicaments ont le champ libre pour agir.

Le jeûne thérapeutique

Dans ce cas, il faut s'intéresser aux travaux du biologiste américain
Valter Longo, le "pape" du jeûne contre le cancer.

En 2008, il a mené une série d'études sur l'animal et
notamment sur des tumeurs du sein. Une expérience avec des cycles de jeûne de
48 heures avant et pendant le traitement par chimiothérapie.

Les résultats sont là aussi spectaculaires et l'on constate
une réduction de la taille des tumeurs plus importante chez les souris qui ont
jeûné. Leurs tumeurs représentent en moyenne le quart de celles des souris qui
ont mangé à leur faim. Il semble également que les effets secondaires des
médicaments soient moins forts, autrement dit le jeûne augmenterait la toxicité
des chimiothérapies contre les cellules cancéreuses tout en préservant les
tissus sains.

Chez l'homme

Le jeûne ou la restriction calorique sont des pratiques
relativement faciles à mettre en place chez des patients qui ont décidé de se lancer.

Valter Longo explique par exemple qu'il reçoit régulièrement
des témoignages de patients qui s'appliquent un jeûne thérapeutique avant une
chimiothérapie. En France, aussi, plusieurs cancérologues rencontrent des
patients qui leur demandent des conseils.

Les risques

Tous les médecins ont la même inquiétude : voir cette
pratique se répandre sans surveillance, avec le risque d'affaiblir des
personnes déjà fragilisées par la maladie.

Pour l'instant, il faut bien le reconnaître, il n'y a pas
encore de preuves solides que cela fonctionne chez l'homme ! Aucun essai n'a
été mené à grande échelle avec des comparaisons entre des groupes de malades qui
adoptent un programme de jeûne ou de restriction calorique et d'autres groupes
témoins qui ne suivent aucun régime particulier.

Si les essais n'ont pas encore eu lieu c'est en raison d'un rejet
épidermique d'une partie du monde médical qui voit d'un mauvais œil l'arrivée
de la médecine "sans médicament". De plus, le jeûne ou la
restriction calorique, n'intéresse pas les firmes pharmaceutiques et donc il
est difficile de faire financer ces essais.

La restriction calorique, alliée de la chimiothérapie en cas
de cancer sur le site de l'Inserm

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