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Nice-Matin, six candidats pour une reprise

Les candidats à la reprise du groupe Nice-Matin présentent aujourd'hui leurs projets en comité d'entreprise. Parmi eux, le groupe Rossel et Bernard Tapie, qui ne soutient plus le projet des salariés mais propose une offre en solo.

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(Le siège de Nice-Matin © REUTERS/Eric Gaillard)

 La petite annonce aurait pu être formulée ainsi : "groupe de presse bien implanté sur la Côte d'Azur et en Corse, situation avantageuse et quasi monopole, en grande difficulté financière, cherche repreneur pour un avenir plus radieux." Ils sont six à avoir répondu à cette annonce. Six repreneurs potentiels qui dévoilent aujurd'hui aux comité d'entreprise leur plan pour redresser la barre. Au final, c'est le tribunal de commerce qui tranchera mi-octobre, mais les salariés évidemment sont impatients de savoir quel cap pourrait prendre le navire Nice Matin.

Bernard Tapie et les salariés divorcent

Surtout si le capitaine s'appelle Bernard Tapie... L'hommes d'affaires avait juré ses grands dieux qu'il n'était pas intéressé par la reprise de Nice Matin mais le propriétaire de La Provence semble avoir pris goût à la presse. Dans un premier temps, Bernard Tapie n'était là que pour soutenir financièrement le projet des salariés, qui se sont constitué en coopérative pour reprendre eux même le journal. Mais ce week-end, coup de théâtre : les deux parties, en désaccord, annoncent leur rupture. Les salariés vont devoir trouver un autre partenaire s'ils veulent réussir à boucler leur offre. Quant à Bernard Tapie, il n'est pas pour autant hors jeu : il avait par précaution déposé un autre projet en solo... Son offre sera donc en concurrence avec deux offres d'hommes d'affaires (d'un côté Georges Ghosn, ex-propriétaire de La Tribune et de France Soir, de l'autre les frères Yves et Fabrice Journel, propriétaires du groupe Azur Santé Retraite) et deux offres de groupes de presse (la Société normande d'information et de communication, propriétaire de Paris Normandie, et le groupe Rossel, qui possède La Voix du Nord et le Soir, en Belgique)

Les motivations en question

Et les salariés s'inquiètent : qu'est-ce qui motive les candidats ? Le risque, quand un journal en difficulté est à vendre, c'est toujours de le voir tomber entre les mains de repreneurs qui n'ont pas vraiment la passion de la presse chevillée au corps, qui veulent utiliser la notoriété de la marque pour développer d'autres activités, qui souhaitent utiliser le titre pour porter des ambitions personnelles ou qui sont plus intéressés par les biens immobiliers du groupe. En l'occurence Nice Matin a un siège social très bien situé... 

Rossel veut investir 50 millions d'euros

On assiste à une véritable opération de communication de la part de certains repreneurs, qui assurent que leur offre est sérieuse.  C'est le cas par exemple du groupe Rossel, allié à un groupe de BTP pour tenter de reprendre Nice Matin. Les salariés ne sont pas vraiment rassurés, d'autant que Rossel prévoit un sévère plan social. Ce dernier assure donc que ses intentions sont bonnes. Il veut injecter 50 millions d'euros, conserver toutes les éditions locales, embaucher à terme pour développer le web... Les salariés seront-ils conquis ? La petite annonce aurait pu être formulée ainsi : "groupe de presse cherche repreneur pour un avenir plus radieux. Candidatures fantaisistes s'abstenir."

(Le siège de Nice-Matin © REUTERS/Eric Gaillard)