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Nice-Matin : les salariés veulent prendre leur destin en main

Les salariés de Nice Matin vont déposer ce lundi une offre de reprise au tribunal de commerce. Ils ont décidé de gérer eux-mêmes le quotidien, aujourd'hui en redressement judiciaire. Parmi les investisseurs qui les soutiennent, un certain... Bernard Tapie.

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(Action des salariés de Nice-Matin en novembre dernier © REUTERS / Jean-Pierre Amet)

C'est un pari osé à l'heure où les ventes de journaux dégringolent, à l'heure où la presse se cherche des mécènes. Les salariés de Nice Matin vont déposer ce lundi une offre de reprise. Ils ont décidé de gérer eux-mêmes le quotidien, aujourd'hui en redressement judiciaire. Pourtant, Nice-Matin ne manque pas de candidats à la reprise. Quatre ou cinq autres dossiers devraient être déposés ce matin au tribunal de commerce de Nice, qui fera son choix d'ici la mi-octobre. Parmi les repreneurs potentiels, le groupe Rossel, propriétaire de la Voix du Nord. Mais ça ne séduit pas les salariés, qui craignent dans tous les cas un sévère plan social. Leur objectif est de parvenir à sauver tous les emplois.

300.000 euros récoltés via une plateforme de financement participatif

Mais racheter un quotidien, même mal en point, ça demande beaucoup d'argent. Les salariés ont tout d'abord cassé leur tirelire, apportant chacun 3.500 euros. Deuxième étape : en appeler à la générosité des lecteurs. Ils ne sont pas les premiers à lancer un appel à contribution, mais cette fois, pas question d'envoyer un chèque. C'est via Internet que l'opération de financement participatif a été mis en place. C'est la première fois que le crowdfunding sert au sauvetage d'un journal. En quelques semaines, plus de 300.000 euros ont été récoltés. Certes, la presse va mal mais elle a visiblement toujours ses fidèles.

Bernard Tapie prêt à investir 8 millions d'euros ?

Ce ne sera pas suffisant cependant pour racheter le journal. Les salariés ont aussi besoin d'investisseurs, et ils devraient pouvoir compter sur le soutien d'un certain Bernard Tapie. Il avait pourtant juré, avant l'été, pratiquement la main sur le coeur, qu'il ne serait pas candidat à la reprise de Nice Matin, que sa priorité absolue était La Provence, qu'il était déjà bien occupé à redresser les finances de son journal. Finalement Bernard Tapie a changé d'avis : il serait prêt à mettre 8 millions d'euros sur la table pour soutenir le projet. L'idée a provoqué pas mal d'inquiétudes au sein de la rédaction, mais les salariés de Nice matin ont finalement accepté que l'homme d'affaires fasse partie du projet, parce qu'il est difficile de trouver les 20 millions d'euros nécessaires. Pour Bernard Tapie, cette alliance Nice-Matin / La Provence serait l'occasion de faire des économies d'échelle, en mutualisant par exemple l'impression des journaux. L'amour de la presse, certes... mais ça reste quand même du business.

(Action des salariés de Nice-Matin en novembre dernier © REUTERS / Jean-Pierre Amet)