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La presse satirique organise son "Téléthon"

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"Charlie Hebdo" et "Siné mensuel" appellent leur lecteur à l'aide.
Article rédigé par
Radio France
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 (© Charlie Hebdo)

"Aidez-nous. Les ventes ne couvrent plus le coût de fabrication du journal, sa viabilité est menacée", écrit Charb dans le dernier numéro de "Charlie Hebdo".

 

Avec seulement 30.000 exemplaires vendus chaque semaine, le journal qui avait publié les fameuses carricatures de Mahommet, a perdu 50.000 euros en 2013. Cela devrait être plus grave en 2014. Pour effacer cette dette, une seule solution : des dons des lecteurs. Hier soir, Charb était incapable de nous fournir une estimation de la somme recoltée à l'issue de cette première semaine. Mais il se réjouissait d'avoir reçu des nombreux messages chaleureux accompagnés de chèques, qui peuvent atteindre 200 euros.

Des sommes importantes puisqu'un abonnement coûte 96 euros l'année. Les cagnottes se répendent "Charlie Hebdo" n'est pas le seul titre à lancer ce type d'appel au dons.

"Le Monde diplomatique", "Alternatives économiques" ou "Nice Matin" se sont également tournés vers leur lecteurs.

Les cagnottes sont monnaie courrante en ce moment dans la presse qui souffre de la crise. Mais cela devient une inquiétante habitude pour la presse satirique... "Siné mensuel", le titre concurrent créé par Siné en 2008, après son départ de "Charlie", lance lui aussi un "SOS". C'est d'ailleurs marqué en gros, sur un fond noir, à la Une du numéro de novembre. Siné en veut à son "con de banquier".

Car c'est la deuxième fois en un an que Sine Hebdo en appelle à ses lecteurs. L'année dernière, le dessinateur avait récolté 85.000 euros. A 85 ans, il avoue être plus stressé par la situation de son journal que par sa propre santé. S'il se sort à nouveau de ses déboires financiers, Siné promet une tournée générale à ses lecteurs ! Les limites de l'indépendance La presse satirique est en danger parce qu'elle est très fragile.

Contrairement aux autres journaux, elle ne propose pas de publicité et refuse de mettre gratuitement son contenu sur internet. Quand les ventes s'écroulent, c'est tout l'équilibre financier qui s'effondre. Même le "Canard Enchaîné", longtemps protégé de la crise de la presse, voit ses ventes chuter. -16% en 2013.

Le volatile explique que ses ventes baissent à chaque fois que la gauche est au pouvoir. Certains lecteurs n'aimeraient pas lire des articles ironiques sur un gouvernement qu'ils ont contribués à élire. Mais pas sûr que ces titres puissent survivre jusqu'en 2017.

Le problème de la presse satirique est grave. Indépendante, elle appartient à ses salariés. Contrairement aux "Echos" ou au "Monde", elle ne peut ni compter sur Bernard Arnaut ni sur Xavier Niel pour éponger les dettes.

"C'est sûr que nous, on ne peut pas compter sur le Qatar "

résume parfaitement Charb.

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