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L'Opinion : un quotidien est né

Un nouveau quotidien national sort demain dans les kiosques français. Le dernier lancement du genre, c'est celui d'Info Matin en 1994. Avec L'Opinion, Nicolas Beytout vise un lectorat de CSP +, de cadres et de chef d'entreprises. Sa ligne éditoriale ? "Libérale, pro-business, européenne". Le ton est donné.

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Copié dans le presse-papier !
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L'ancien patron des Echos et du Figaro a réuni une trentaine de journalistes. Ils couvriront essentiellement l'actualité politique, économique et internationale.

L'Opinion sera vendu 1 euros 50 en kiosque. Un prix relativement élevé pour seulement 8 à 12 pages de journal. Nicolas Beytout l'assume : "le prix est une composante distinctive d'un produit." Le cahier de L'Opinion est presque trois fois plus mince que celui du Monde par exemple. 

L'Opinion ne sera distribué que dans 8 000 kiosques, essentiellement à Paris et dans quelques grandes villes.

Du contenu adapté aux nouveaux usages numériques

Mais c'est sur le web que L'Opinion se distingue. La rédaction va proposer un contenu adapté aux différents supports numériques en fonction des moments de la journée : le matin il y aura un édito, des zappings et un invité en vidéo, tout cela adapté pour la consultation sur smartphone ; le midi des contenus plus longs à consulter sur ordinateur et à 18h, un journal télévisé qu'on pourra regarder notamment sur tablette.

L'abonnement numérique est proposé à 21 euros par mois.

Mais pourquoi sortir un journal papier ?

Nicolas Beytout a fait des économies partout où il a pu. Un cahier réduit, une maquette très épurée : les journalistes mettront eux-mêmes en page leurs articles, il n'y aura pas de secrétaire de rédaction à L'Opinion . L'impression est externalisée : cela permet d'éviter un investissement lourd dans des rotatives.

Si L'Opinion sort en papier, le rédacteur en chef Rémi Godeau le dit, "c'est parce que le print  génère encore aujourd'hui beaucoup de recettes publicitaires que le web" . L'ancien patron de L'Est républicain le dit : "aucun des pure-players aujourd'hui sur le marché ne dégage vraiment de bénéfices."

Christophe Chenut , le directeur-général de L'Opinion , nous a détaillé le business plan de l'entreprise : "A terme, 40% de nos recettes viendront de la publicité, 60% des abonnements et de la vente au numéro." **

L'Opinion espère décrocher des abonnements groupés dans les entreprises. Il mise également sur des créneaux où son lectorat potentiel est présent : les compagnies aériennes et le TGV notamment.

Les mystérieux actionnaires de L'Opinion

Nicolas Beytout possède au moins 10% du capital de son journal c'est une certitude. Mais les autres actionnaires sont inconnus. C'est une holding, Bey Médias, qui est propriétaire de L'Opinion .

Un problème selon le journaliste Jean Stern , auteur de "Les patrons de la presse nationale - tous mauvais" paru chez La Fabrique :"Depuis les ordonnances de 1944, on doit connaître les propriétaires des journaux. Le système des holdings permet de cacher les actionnaires réels des titres de presse, cela opacifie leur financement. C'est le cas avec L'Opinion : on évoque un apport de 6 millions d'euros de la part de Bernard Arnault, le patron des Echos et de LVMH. Claude Perdriel est également entré au capital de L'Opinion, c'est le propriétaire de plusieurs titres de presse, dont Le Nouvel Observateur."

Et Jean Stern de conclure : "Voilà qui est étrange, ce sont des gens qui financent des journaux mais qui n'ont pas le courage de leurs opinions alors qu'ils sont actionnaires d'un journal qui s'appelle... L'Opinion !"

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