Journalisme : le prix Philippe Chaffanjon couronne un reportage sidérant sur l’esclavage moderne au Liban

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La 9e édition du prix Philippe Chaffanjon couronne deux reportages de terrain. "Enlèvement en Haïti, piégés par la peur", un reportage multimédia signé Milo Milfort qui dépeint l’incontrolable croissance du nombre d’enlèvements en Haiti. Et "Liban: le calvaire des employées de maison africaines", un reportage de Noé Pignède sur l’esclavage moderne au Liban.

Article rédigé par
Laurent Valière - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Noé Pignède lauréat du prix Philippe Chaffanjon. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Noé Pignède, 27 ans, est installé au Liban. Après avoir couvert les événements en Irak, il travaille à Beyrouth pour plusieurs médias francophones : Radio France, Radio France Internationale, La Croix, Mediapart, et des chaines suisses et belges. Il remporte le 9e Prix Philippe Chaffanjon avec le reportage Liban: le calvaire des employées de maison africaines diffusé sur Radio France Internationale. Il dépeint une coutume ancrée dans la réalité du pays : les esclaves à domicile, payées 200 dollars par mois.

Noé Pignède s’est en particulier rendu en micro caché dans une agence spécialisée : "C'est une petite agence. Ça ressemble à un magasin. C'est au bord d'une autoroute, à quelques kilomètres de Beyrouth. Il y en a beaucoup au Liban. On les appelle des agences de recrutement. On vous y présente sur catalogue des filles de différents pays, avec leur provenance, leur taille, leur poids, leur âge, le nombre de langues parlées. En fonction de ça, ils vont avoir des prix différents. Une Asiatique, par exemple, elle coûte plus cher qu'une Africaine." déclare Noé Pignède.

"Les Libanais viennent pour choisir sur catalogue ces femmes pour travailler chez eux.""

Noé Pignède

sur franceinfo


Le journaliste n’a pas eu à chercher bien loin pour avoir l’idée de ce reportage : "Il y en a une pratiquement dans chaque famille. Donc on se pose la question. On discute avec les gens qui sont gênés parce que les Libanais sont des gens qui voyagent. Ils voient bien que le système n'existe nulle part ailleurs. Donc quand on leur pose la question, ils me disent : 'oui, mais moi je la traite bien. Oui, mais c'est comme ça ici'. Donc j'ai voulu savoir exactement comment ça se passait, comme on les recrutait, comment ils arrivaient là aussi, quelles étaient tous réseaux de trafic d'êtres humains." conclut Noé Pignède.



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