"Fragments de France" : les Français vus par "Le Monde"

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Le quotidien a envoyé sur le terrain 100 journalistes et 100 photographes pour prendre le pouls de la France, à six mois de la présidentielle.

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Radio France
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 Nicolas Chapuis, directeur adjoint de la rédaction du journal "Le Monde". (CAPTURE D'ECRAN FRANCEINFO)

Fragments de France, c’est le nom du projet inédit réalisé par Le Monde : 100 reportages réalisés dans tout le pays, à la rencontre des Français. Le journal a mobilisé 100 de ses journalistes au mois de septembre, accompagnés par 100 photographes, pour dresser une radiographie de l'hexagone, à l’approche de l’élection présidentielle "L’idée nous est venue en réfléchissant à la campagne présidentielle et à notre couverture, explique Nicolas Chapuis, le directeur adjoint de la rédaction du Monde, en charge du pilotage du projet. Une réflexion revenait souvent : le portrait du pays qu’on voit dans un certain nombre de médias et aussi dans les déclarations de nombreux responsables politiques n’est pas le pays que nous connaissons, que nous voyons au quotidien. On nous décrit un pays rabougri, replié sur lui-même, en proie à des obsessions identitaires. Ces problématiques existent bien sûr, mais sur le terrain les Français parlent de beaucoup d’autres choses. On a assez peu de gens qui nous ont parlé de l’islam ou de l’identité française, mais plutôt du pouvoir d’achat, de l’effet de la crise sanitaire, de la dépendance qui est un sujet majeur. L’environnement aussi préoccupe la plupart des Français."

"L’idée n’est pas de faire le portrait idyllique d’un pays rêvé, mais c’est un pays qui a tenu bon pendant la crise sanitaire et on ne le rappelle pas assez souvent."

Nicolas Chapuis

à franceinfo

En somme, le journal veut montrer que la réalité est plus complexe, moins binaire qu’on l’entend sur les plateaux des chaînes info. "Non, la France n’est pas au bord d’une guerre civile. Oui il y a de nombreuses tensions dans la société, mais le scénario de la guerre civile est un récit politique qu’on essaie d’imposer comme le récit dominant. Comme on essaie d’imposer dans les médias le fait que le journalisme dominant est un journalisme d’opinion. Nous, on pense que le journalisme d’opinion a toute sa place mais en son temps. La première mission du journalisme n’est pas de donner un avis, elle est d’aller voir les faits, de vérifier l’information." Tout en reconnaissant qu’un reportage est toujours subjectif, Nicolas Chapuis défend une opération qui fait "l’éloge de la nuance par rapport aux caricatures qu’on peut voir dans certains médias."

              

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