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Deux nouvelles émissions poussent à l'extrême le principe de l'immersion

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Se glisser dans la peau de quelqu'un d'autre. C'est le concept de deux nouvelles émissions, lancées ce soir : "Zita dans la peau d'une obèse" sur M6 et "Dans la peau d'un handicapé" sur France 4. Avec ce mode d'écriture, les chaînes cherchent à attirer un public plus large que celui du documentaire classique.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
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Franceinfo (Franceinfo)

Le journalisme d'immersion n'est pas un concept récent, mais il inspire beaucoup la télévision française depuis deux ou trois ans. Le reporter ne se contente plus de faire des interviews, il s'installe plusieurs jours, plusieurs semaines au sein d'une communauté pour mieux la comprendre. C'est par exemple le ressort d'une émission comme "Harry Roselmack en immersion" où on le suit chez les salafistes ou chez les traders. Et ce concept se décline. On a vu naître les émissions d'inflitration, où le journaliste cache sa véritable identité, par exemple pour approcher des pédophiles comme dans "les infiltrés" sur France 2. La mode est maintenant à l'incarnation : dans les deux émissions lancées ce soir, le principe est de devenir physiquement quelqu'un d'autre.

M6 propose "Zita dans la peau d'une obèse", où la journaliste Zita Lotis-Faure suit pendant quatre semaines le régime alimentaire d'une femme de 140 kilos, c'est-à-dire ingurgite l'équivalent de 6.000 calories par jour. Dans les prochaines émissions, on verra "Zita dans la peau d'une femme de ménage", "Zita dans la peau d'une naturiste" etc. Du côté de France 4, l'idée de base est similaire, et le titre est le même d'ailleurs : "Dans la peau d'un handicapé". On y suit trois jeunes qui vont vivre pendant plusieurs jours dans un fauteuil roulant pour mieux comprendre la vie des personnes paraplégiques.

Pour les partisans de ce type de programmes, le téléspectateur peut davantage s'identifier aux témoins du documentaire. Il va suivre une expérience, qui va lui permettre de s'interroger sur ses propres préjugés. "Si on veut continuer à faire du documentaire, il faut apporter cette écriture-là , assure Vincent Broussard, directeur des programmes de France 4. Notre
public [les 20-35 ans] vit au rythme du web, des applications, du zapping. Avec un documentaire traditionnel, on ne va pas faire d'audience et ce ne sera conforme à l'image de notre chaîne."

Reste qu'on peut s'interroger sur le rôle du journaliste dans ce type de programmes. Abolir toute distance entre le journaliste et les personnes qu'il rencontre, cela permet-il d'enquêter de manière objective ? Est-ce que c'est le rôle du journaliste d'être dans l'empathie ? Zita Lotis-Faure, convaincue de l'intérêt de ce type de démarche, reconnaît cependant que les frontières peuvent être floues : "parfois on est bouleversé et on peut se perdre dans les sujets sur lesquels on travaille. Le risque, c'est de se retrouver de l'autre côté."

 

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