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"Des paroles et des actes" : Marine Le Pen refuse de débattre avec un invité

La présidente du Front national sera jeudi soir l'invitée principale de l'émission de France 2. Elle a refusé de faire face au président du Parlement européen Martin Schulz.

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Le nouveau numéro de "Des paroles et des actes" ,
présenté par David Pujadas, doit marquer le début de la campagne des
élections européennes sur France 2. Pour débattre avec Marine Le Pen, la chaîne
publique avait invité Martin Schulz, tête de liste des socialistes européens pour le scrutin du 25 mai.

Sauf que la présidente du Front national n'a pas voulu débattre
avec l'Allemand. C'est le journaliste de Libération Jean Quatremer,
correspondant du quotidien à Bruxelles, en charge des affaires européennes, qui a révélé l'information sur son blog. Dans un billet intitulé "Marine Le Pen dicte ses conditions à France
2",
il met notamment en cause "l'indépendance journalistique" de la chaîne.

Pas de traitement de faveur

Une interprétation "totalement fausse" répond le
rédacteur en chef de l'émission Gilles Bornstein. "Je ne comprends pas
que l'on nous dise que l'on s'est couché devant Marine Le Pen. On s'est assuré que
les deux interlocuteurs étaient d'accord pour débattre. L'exercice du débat
doit être librement consenti."

* Gilles Bornstein réfute également
un quelconque traitement de faveur. Il assure que tous les invités sont consultés au moment de l'organisation de l'émission.
"Ils ne désignent pas un
invité. Par contre, quand nous avons une idée d'invité, on la leur soumet,
explique le rédacteur en chef.
90 % des fois, ils acceptent. Il arrive que pour une
raison ou pour une autre, ils ne souhaitent pas débattre avec cette personne."*

Un contradicteur trop coriace ?

* Alors pourquoi Marine Le Pen a-t-elle refusé de faire face à Martin Schulz ?
D'après Gilles Bornstein, la présidente du FN considère qu'il s'agit d'une
campagne électorale française, puisqu'elle s'adresse aux électeurs de l'hexagone
qui choisiront parmi des candidats français. Le journaliste de 
Libération * Jean Quatremer avance une autre raison. D'après lui, Marine Le Pen craignait en fait d'avoir face à elle un contradicteur trop coriace.

A la place de l'Allemand Martin
Schulz, elle devrait débattre avec Alain Lamassoure, tête de liste
UMP en Ile-de-France pour ces européennes.

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