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30 ans après la libération des ondes, comment la radio va-t-elle évoluer ?

C'était il y a 30 ans jour pour jour. Le 9 novembre 1981, François Mitterrand mettait fin au monopole de l'Etat sur la bande FM, et légalisait les radios pirates. Une décision qui a bouleversé le paysage radiophonique français.

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9 novembre 1981. C'est la date symbolique de la libération des ondes. Ce jour-là, des centaines de radios pirates - militantes, musicales, écologistes - obtiennent officiellement le droit d'émettre. La bande FM est désormais ouverte à tous. Et c'est une période de foisonnement, de grande liberté de ton, car rien n'est encore réglementé.

"C'était la fin d'une petite guérilla avec le pouvoir" raconte Antoine Lefébure, militant de la libération des ondes et fondateur en 1977 de Radio Verte. "Pendant quatre ans, on avait essuyé brouillages, arrestations, saisies... On voulait tenir jusqu'à l'autorisation d'émettre" .

Alors, évidemment, quand l'autorisation tant attendue est enfin arrivée, c'est un vrai vent de liberté qui a soufflé sur la bande FM. l'année suivante, on comptabilise près de 2.000 radios libres. Mais tout cela n'a eu qu'un temps. Aujourd'hui, la plupart de ces radios libres ont disparu. Beaucoup se sont épuisées, se sont endettées aussi. Les autres se sont professionnalisées. A partir de 1984, le gouvernement les autorise à se financer par la publicité : "un grand nombre de radios opte pour des formats commerciaux, qui vont formater l'antenne, surtout sur les stations musicales" raconte l'historien des médias Thierry Lefebvre. "Elles vont racheter des radios associatives mourantes ou en piteux état".

Ces rachats vont entraîner la création de grands groupes privés. A leurs côtés, il existe aujourd'hui quelques centaines de radios plus modestes, régionales, locales, communautaires ou encore thématiques.

"La radio numérique terrestre nous donnerait un nouveau souffle"

Ces petites radios lancent aujourd'hui un appel au conseil supérieur de l'audiovisuel. Sauvons ce qui reste des radios libres grâce au numérique, dit en substance le Sirti, le syndicat interprofessionnel des radios et télévisions indépendantes. Aujourd'hui, la bande FM est saturée, il n'y a pratiquement plus moyen pour les stations de racheter des fréquences, alors que le passage à la radio numérique terrestre permettrait d'offrir plus de fréquences et permettrait surtout aux radios, même locales, d'être diffusées dans la France entière. "Aujourd'hui, nous avons de grandes difficultés à consister un bassin de diffusion suffisant en bande FM" explique Philippe Gault, président du Sirti. "La radio numérique terrestre nous permettrait de toucher tous les auditeurs. Cela apporterait un nouveau souffle à la radio".

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