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"Tempête : deux novellas" de Jean-Marie Le Clézio

Jean Marie Le Clézio, le prix Nobel de littérature 2008, a maintenant 73 ans. Mais il ne se lasse pas d'écrire. Il publie deux novellas, format hybride entre la nouvelle et le roman où l'on retrouve les thèmes de prédilection de l'auteur.

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C'est beau comme du Le Clézio, les femmes, la mer, les îles,
les êtres perdus, la révolte et la sensualité, tout y est... A commencer par
cette "tempête" sur une île coréenne où les femmes de la mer plongent
en apnée au risque de leur vie pour pêcher des ormeaux; où une jeune
adolescente sans père redonne le goût de la vie à un vieil homme rongé par le
remords d'avoir assisté à un viol pendant la guerre sans intervenir. Puis, dans
la deuxième nouvelle, "une femme sans identité", l'errance d'une
jeune femme dans Paris, une batarde, abandonnée par son père, sa demi-sœur,
déracinée de l'Afrique où elle est née. Le Clézio voyage encore et toujours,
c'est en Corée, donc, qu'il a rencontré ces femmes de la mer. "J'ai même
nagé avec elles. J'ai même plongé mais je ne suis pas bon nageur."

Page 47 : "Une douleur qu'il faut bien aimer, parce que
lorsqu'elle cesse, tout devient vide, et qu'il ne reste plus qu'à
mourir"...

C'est un thème, présent dans les deux novellas, qui permet à
Jean-Marie Le Clézio de donner
une autre définition de l'amertume que celle passée dans le sens commun. Ses
personnages perdent ou retrouvent leur innocence et vont de l'avant. Et lui,
à 73 ans, il prend le même plaisir communicatif à écrire, il compose sa musique
littéraire avec une maîtrise totale, passe d'un style à l'autre, que le format
concentré de la novella amplifie pour le plus grand bonheur de ses fans.

 

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