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Régis Jauffret au bonheur des lettres

C'est déjà la rentrée littéraire, parmi les 363 romans français de cette saison, Régis Jauffret revient avec "Cannibales" au Seuil. Un récit qui renoue avec la belle tradition de la littérature épistolaire.

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(Régis Jauffret à Paris le 2 avril 2015 © Foc Kan - Radio France)

Ni textos, ni mails, non, du papier et de l'encre. Noémie, 24 ans écrit à Jeanne, une vieille dame, pour lui annoncer qu'elle avait quitté son fils Geoffrey, quinquagénaire, peu reluisant il est vrai. Entre la mère et l'ex-belle fille les lettres s'enchaînent et, une relation passionnelle s'installe. Elles sont toutes les deux de farouches amoureuses, dont la fougue des sentiments finit par diaboliser le fils. Régis Jauffret, de sa plume habile s'amuse de cette correspondance.

De l'exubérance maîtrisée 

Comme l'indique le titre du roman, l'ex-belle mère et la jeune femme vont projeter de tuer et dévorer ce fils sans intérêt. Régis Jauffret qui adore imaginer le point de vue féminin, glisse allégrement vers la perversité, véritable style littéraire : "Quand on veut aller au-delà des sentiments, on tombe toujours en français sur la langue du 18ème siècle " dit-il. 

"Cannibales" c'est du Jauffret sans brides, de l'exubérance maîtrisée pour le plaisir de l'écriture et de la lecture. Dans cette époque où le vide sidérant des vies qui n'ont plus rien de privées s'étale sur les supports numériques, sentir la douceur du papier griffée par la sensualité des plumes procure une joie assez rassurante.

(Régis Jauffret à Paris le 2 avril 2015 © Foc Kan - Radio France)