Info culture, France info

Malgré les menaces, "Un Français" sera visible dans une soixantaine de salles

Le réalisateur Diastème craignait que les salles boycottent son film, qui retrace le parcours d'un skinhead repenti. Des menaces ont proliféré sur les réseaux sociaux avant même sa sortie. "Un Français", qui devait circuler sur une centaine de copies, sortira finalement ce mercredi dans 65 salles.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
(Un Français, c'est l'histoire d'un skinhead qui finit par tourner le dos à la violence © Mars Distribution)

 Il reste difficile de savoir si certains exploitants ont eu peur des représailles, suite aux insultes sur les réseaux sociaux provenant souvent des sphères d'extrême droite (c'est ce que suppose le cinéaste), ou s'ils ont estimé que le film n'était pas assez porteur pour remplir leurs salles, en tout cas, s'il n'y a pas de boycott, il y a incontestablement une frilosité face à un sujet très rarement traité dans le cinéma français : l'extrême droite.

Ce sujet, le cinéaste le traite au travers du parcours sur trente ans d'un skinhead, des ratonnades et autres affrontements ultra violents dans les années 80 à une sorte de dégoût et de honte qui vont l'amener progressivement à se débarrasser de cette haine, et à sortir de cette mouvance, le tout sur fond de progression et de quête de respectabilité du Front National.

Pas de discours moralisateur

"Un français" est un film à voir, parce qu'il a le mérite d'empoigner ce sujet sans aucun discours moralisateur. Malgré  des ellipses parfois déroutantes, le personnage principal est dessiné et joué par Alban Lenoir avec  beaucoup d'intensité. Le film pose de vraies questions sur la violence et sa banalisation et mérite de provoquer le débat que souhaite le réalisateur, dans les salles, loin des insultes et des invectives qui ont fusé sur le web.

(Un Français, c'est l'histoire d'un skinhead qui finit par tourner le dos à la violence © Mars Distribution)