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Dominique A, la force des grands espaces

Avec Eleor, son nouvel album, Dominique A marque un retour à ces chansons amples et symphoniques qu’il façonne en orfèvre.

(Dominique A - ELEOR © Cinq/7)

Dominique A est un coureur de fond plus qu'un sprinter. La preuve : il a bien attendu vingt ans de carrière pour obtenir enfin une Victoire de la musique comme ‘’meilleur interprète masculin’’. C'était en 2013 pour le très riche Vers les lueurs , son disque précédent qui avait donné l'occasion de redécouvrir Dominique Ané comme source d’inspiration d'une foule de jeunes chanteurs et écrivains.

D'un disque à l'autre, par un mouvement naturel de "balancier", comme il l'explique lui-même, le grand Dominique revient cette fois à une formule plus épurée : des chansons aériennes, où la voix profite de l'espace et prend tout son élan sur les violons.

On voyage d’ailleurs beaucoup dans ce disque: du Cap Farvel , à la pointe sud du Groenland, par le Canada , en passant par la Nouvelle-Zélande de Central Otago ou l'Espagne profonde peinte dans Semana Santa .

Chez Dominique A, les lieux sont autant de points de départ pour la rêverie : Il est d’ailleurs souvent question, dans Eléor, de grandes étendues, d'océans immenses. Le chanteur-écrivain (qui a notamment publié Y revenir , chronique sur ses années d’enfance à Provins) aime imaginer, comme cela s'entend dans ce disque, des espaces vides, des paysages vierges, pour y installer librement ses histoires et ses personnages.

 "IIdoit y avoir un fond de misanthropie chez moi car j’aime les grands espaces qui ne sont pas gâchés par la présence des hommes, et où l’imagination est tout de suite stimulée, parfois sur la seule force d’un nom " (Dominique A)

Le pays fantasmé d'Eléor est justement inspiré du Royaume d'Elleore, petite île du Danemark ou les 25 habitants ont décrété d’eux-même qu'ils étaient une micro-nation à part. Un état de liberté revendiqué qui sied parfaitement au chanteur.

 

(Dominique A - ELEOR © Cinq/7)