Culture d'été. "Leur âme au diable", une intrigue policière dans l'industrie du tabac

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"Culture d'été", c'est chaque jour le coup de cœur culturel de franceinfo. Gilbert Chevalier nous parle aujourd'hui d'un livre de la "Série noire" de Gallimard, "Leur âme au diable" de Marin Ledun.

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Radio France
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Une cigarette en train de se consumer. L'intrigue du livre de Marin Ledun se déroule dans le monde de l'industrie du tabac.  (CARO LAURENT / MAXPPP)

Dans Leur âme au diable, Marin Ledun nous propose un roman jubilatoire, nerveux, sur l'univers profondément amoral de l'industrie du tabac. Le roman commence en 1986 avec le braquage de deux camions d'ammoniaque destinés à un fabricant de cigarettes. Parallèlement, très loin de là, une jeune fille disparaît et un enquêteur tenace, pour ne pas dire obsessionnel, tente de la retrouver.

Une histoire de pure fiction raconte Marin Ledun : "J'ai évidemment complètement imaginé le point de départ de ce roman qui est le braquage de deux camions citernes d'ammoniaque dans les environs du Havre, au milieu des années 80, en juillet 86 exactement. C'est une invention qui est le point de départ de toute mon histoire."  

Une industrie du tabac sans scrupules

Le roman est le fruit d'un gros travail de documentation de la part de Marin Ledun. Son intention est de démonter et dénoncer les mécanismes d'une industrie prête à tout ou presque pour exister : "L'Industrie du tabac a tout inventé. Elle a inventé le marketing. Elle a inventé la publicité, ou en tout cas, elle y a contribué très fortement par les moyens dont elle disposait, des moyens colossaux." Le roman met l'accent sur le lobbying dont elle est capable : "Cette industrie, paradoxalement, est une industrie qui vend du rêve, qui vend de la liberté, qui vend de l'imaginaire avec des acteurs comme ce cow-boy qui fume, et on a tous ces images en tête de la femme hyper glamour qui fume."

Le rôle principal de cette publicité, c'est de remplacer chaque année tous ceux qui sont morts du tabac par des jeunes fumeurs.  

Marin Ledun,

à franceinfo

Marin Ledun est un auteur prolixe qui dispose de multiples facettes. Mais le monde de l'entreprise, son cynisme et sa capacité à essayer de contourner les règles et parfois à broyer les hommes, est très souvent l'univers de ses polars. "Il y a quand même ce fil rouge à chaque fois : comment dysfonctionne notre démocratie. Un des éléments de nos démocraties c'est l'économique et le social, et notamment dans Les visages écrasés ou dans ce roman Leur âme au diable, explique l'écrivain. Cet acteur, l'entreprise, au centre de tout aujourd'hui, au centre de notre économie néo-libérale, est par définition quelque chose qu'on connaît tous et à la fois quelque chose d'extrêmement secret dans ses méthodes, surtout quand on parle de gros groupes comme les industriels du tabac." 

Pour décrire cette "une économie mondiale hyper puissante qui brasse énormément d'argent", Marin Ledun a nourri sa fiction de la lecture de l'essai de l'Américain Robert Proctor, Golden Holocaust. Un essai qui a également inspiré une bande dessinée : Cigarettes, le dossier sans filtre de Pierre Boisserie et Stéphane Branger, publié chez Dargaud il y a deux ans.

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