Culture d'été. Le coup de coeur cinéma : "Onoda" du français Arthur Harari, d'après la vraie vie du soldat japonais Hiroo Onoda
"Culture d'été" avec aujourd'hui un coup de coeur cinéma : il s'agit du film "Onoda" du français Arthur Harari, en langue japonaise, sorti le 21 juillet dernier, mais encore dans les salles.
Onoda, c'est l'histoire incroyable mais vraie d'un soldat resté 30 ans sur une île des Philippines, alors que la guerre était finie.
À seulement 40 ans, Arthur Harari frappe un très grand coup dans le cinéma français, et le cinéma en général. Pour son deuxième long-métrage, après le déjà réussi Diamant noir en 2016, le cinéaste a fait ce pari fou de raconter la vie d'Hiro Onoda, qui a choisi de s'exiler de 1944 à 1974, sur l'île de Lubang, aux Philippines, après y avoir été envoyé par l'armée japonaise pour une mission de sabotage.
Onoda est une figure importante et célèbre de l'histoire japonaise, mais étrangement, son aventure n'avait encore jusqu'ici jamais été racontée au cinéma.
"J'ai cru comprendre, reconnaître quelque chose qui me renvoyait une espèce de miroir étrange, bizarre, un peu absurde, dans cette histoire, explique le réalisateur. Si je n'avais pas ressenti ça pour le personnage – c'est vrai que c'était compliqué à monter ce truc-là, à imaginer ou même croire qu'on pouvait le faire – donc, je n'ai pas eu besoin de chercher quelque chose d'une reconnaissance."
J'ai eu l'envie de raconter cette histoire, de l'aventure que ça représentait, mais d'abord dans ce que synthétisait le personnage, la personne d'Onoda, puisque c'est quelqu'un qui a existé.
Arthur Harari, cinéaste
Le tournage s'est déroulé sur trois mois au Cambodge
Le film restitue très bien à la fois, la splendeur des paysages, grâce à des plans larges où le vert de la jungle domine, et une forme de huis clos oppressant et paranoïaque, entretenu par les soldats, qui au début ne savent pas, et ensuite refusent de croire que la Seconde Guerre mondiale est terminée.
Et plutôt qu'à des références évidentes comme Apocalypse Now, on pense plus à des romans comme Vendredi ou la Vie sauvage de Michel Tournier ou Sa majesté des mouches de William Golding, sur le fait d'appréhender une île et de la dominer, pour se nourrir par exemple, mais aussi pour les effets psychologiques de la solitude. Arthur Harari a aussi pu compter sur d'excellents acteurs japonais, qui se sont investis à fond dans le film.
"La deuxième fois que j'ai vu l'un des interprètes du film qui joue la version la plus âgée d'Onoda, raconte Arthur Harari, il avait perdu une douzaine de kilos, mais c'était six mois avant le tournage. J'ai été stupéfait. Je lui ai dit : 'Mais c'est trop tôt, comment vous allez faire pour garder ce poids ?' Il m'a dit non, non, mais je vais reprendre du poids. Mais c'était juste pour que vous voyez là en venant à Tokyo, à quoi je peux ressembler en Onoda..."
L'une des autres qualités d'Onoda est qu'il ne juge pas son héros, lâche ou courageux, le film ne tranche pas et laisse le spectateur se faire son propre avis. En tous cas, cette fresque contient plusieurs scènes fortes, haletantes ou émouvantes, dont on risque de reparler longtemps.
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