Ils ont fait l'actu, France info

Robert Ménard, maire de Béziers, réformateur ou rancunier ?

Que deviennent la ville de Béziers et son nouveau maire Robert Ménard ? La ville a été gagnée le 30 mars dernier par l'ancien fondateur de Reporter Sans Frontière. Non encarté au Front national, il a été cependant soutenu par le FN pour cette élection.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
(© PHOTOPQR/LE MIDI LIBRE)

Au soir de son élection, Robert Ménard se voulait au service de tous, il voulait faire oublier le soutien du FN.  Aujourd'hui, apparement, Robert Ménard n'a pas encore eu le temps de décevoir les habitants de la ville de Béziers.

Pour ses opposants, ses premières décisions relèvent de la communication, excepté l'embauche en cours de 14 policiers municipaux : couvre-feu pour les enfants de moins de 13 ans, interdiction de suspendre du linge aux fenêtres, une messe dans les arènes en ouverture de la féria ou encore distribution de blouses ornées du blason de la ville à la rentrée scolaire.

Couvre-feu, messe, linge aux fenêtres...

Tout ça c'est de la com, affirme Jean Michel du Plaa, son adversaire socialiste en mars dernier qui n'est pourtant pas d'une sévérité absolue. Même avis de la part d'Eli Aboud qui pense que Robert Ménard est toujours en campagne estime le député Ump qui a été aussi son adversaire en mars dernier .

Cinq mois après son élection, il est evidemment trop tôt pour dresser un bilan de son action.

Le style Ménard : bravache et provocateur

Mais il reste le style Ménard : cash voire provocateur, bravache, le bons sens près de chez vous et ça semble beaucoup plaire aux Bitterois.

Robert Ménard avait fait l'essentiel de sa campagne sur le redressement, la réhabilitation du centre ville. Un certain nombres de mesures annoncées avaient cet objectif. Le linge aux fenêtres, la propreté des trottoirs par exemple. Ca ne coûte rien rétorquent ses détracteurs et ça vise des populations que certains électeurs aimeraient sans doute voir ailleurs.

Réhabiliter le centre de Béziers avec peu de moyens 

Cela va de soi s'est justifié le nouveau maire : l' embelissement d'une ville participe à son attractivité. Il se vante également d'avoir favorisé la reprise de la grande librairie historique du centre ville. Robert Ménard annonce aussi des mesures pour le logement locatif et veut obliger tous les propriétaires et les commerçants à entretenir leur façade.

 

Il en faudra sans doute beaucoup plus pour redonner du clinquant aux allées Paul Riquet . Il promet donc des investissements dans le budget 2015 mais avec très peu de marge financière. Beziers est une ville exsangue. 

Il y eu des débats autour de ses arrêtés municipaux. La justice a finalement donné raison à la mairie contre la Ligue des droits

de l'Homme concernant le couvre-feu imposé aux mineurs de moins de 13 ans. La messe en ouverture de la feria en août a aussi provoqué quelques remous. 

Deux échecs : la main sur l'agglo et l'hôpital

Son hommage à des militants de l'OAS fusillés n'a pas heurté plus que ça dans une région où les rapatriés d Algérie ont été très nombreux. On a parlé également des membres de son cabinet très marqués à l'extrême droite mais sans plus.

Le plus grave sans doute mais pas forcément le plus spectaculaire ont été ses deux échecs dans la conquête de l'agglomération et du conseil de surveillance de l'hôpital. Deux échecs qui ont revélé son vrai visage disent ses opposants : agressif et rancunier. Un échec face aux magouilles politiques, répond Robert Ménard. Sous entendu, moi je ne fais pas de politique.  

(© PHOTOPQR/LE MIDI LIBRE)