Ils ont fait l'actu. Pierre Jouvet, porte-parole du PS, s'était préparé "comme un sportif de haut niveau" aux négociations avec La France insoumise

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Sandrine Etoa-Andegue revient sur les événements marquants de l'année. Et ce sont ceux qui les ont vécus qui vous les racontent. Jeudi 4 aout, ythme a été soutenu pendant cette dizaine de jours et de nuits courtes.revient sur le début de cette année 2022, qui ont été très denses en raison des élections.

Article rédigé par
Sandrine Etoa-Andegue - franceinfo
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Pierre Jouvet, porte-parole du Parti socialiste. (JULIEN DE ROSA / AFP)

27 avril 2022. Les tractations en vue d'un accord pour les législatives démarre au siège de la France insoumise. L'enjeu est de taille. Après avoir réalisé au premier tour le pire score de son histoire, le Parti socialiste joue sa survie à l'Assemblée. Pierre Jouvet, porte-parole du PS depuis 2008 et future cheville ouvrière de cet accord, ne voit que du positif après les premières heures de négociations. Devant la presse, il déclare : "Nous avons eu une discussion constructive qui nous a permis d'avancer sur un certain nombre de points permettant de voir et de considérer qu'il n'y avait pas entre nous de points de blocage insurmontables."

À 35 ans, Pierre Jouvet incarne la nouvelle génération du Parti socialiste. Il prend sa carte au PS après le choc, dit-il, de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002. D'un marathon à l'autre, le maire de Saint-Vallier, 4 000 habitants, a fait partie des 70 candidats socialistes investis à la faveur de cet accord, mais il a échoué pour la seconde fois à remporter la quatrième circonscription de la Drôme. Inconnu du grand public jusque-là, les médiatiques pourparlers avec les insoumis l'ont fait passer de l'ombre à la lumière. Il affirme ne pas avoir eu de "difficultés parce que c'est une exposition médiatique très grand public", même si elle était évidemment beaucoup plus grande que celle à laquelle Il était habitué. "J'étais dans une telle bulle. On était tellement enfermé que j'avais des messages me provenant de l'extérieur de gens : on te voit partout, on entend partout, etc, de gens qui étaient de mon entourage, mes amis, mes proches, qui eux n'étaient pas du tout habitués à ça. Mais moi, je n'étais pas du tout concentré là-dessus", explique Pierre Jouvet.

Rythme soutenu pendant une dizaine de jours et de courtes nuits

Sur la durée de ces négociations, il confie avoir du mal parfois "à remonter parfois le fil". Mais d'après son agenda, "en réalité, elles ont duré plus de dix jours entre la première fois où on est allé au siège de la France insoumise et où on a eu la première discussion et la phase de conclusion." Le rythme a été soutenu pendant cette dizaine de jours et de nuits courtes. Pierre Jouvet dit s'y être préparé comme un marathonien lui qui à l'habitude de faire de la course à pied dans ses moments de loisirs.

"Je ne savais pas où ça allait nous mener mais ça faisait de longs mois que je me préparais à cet exercice de préparation des négociations et des discussions pour les législatives. Comme un sportif de haut niveau."

Pierre Jouvet

à franceinfo

La France insoumise proposait au Parti socialiste une trentaine de circonscriptions. Les négociateurs du PS ont réussi à en arracher 70. Il a fallu les convaincre notamment "en démontrant pendant plusieurs jours, ça a été quelque part la phase la plus la plus longue de nos discussions que le cadre de négociation qu'il souhaitait fixer au départ n'était pas le bon. Quand on discute au début des répartitions des circonscriptions, la France insoumise discute comme ils ont fait avec les Verts et avec les communistes par rapport aux résultats de l'élection présidentielle. Sauf qu'on ne pouvait pas prendre pour les socialistes le score de la présidentielle. Déjà parce que le score de la présidentielle était très mauvais et donc forcément, ça faisait aboutir sur un nombre de circonscriptions qui n'étaient pas acceptables pour le Parti socialiste. Et puis, parce que ce score de la présidentielle ne reflète pas la réalité de notre ancrage territorial.  70 circonscriptions, c'est déjà un très gros sacrifice. Il faut bien l'avoir en tête puisque moi, au moment où je rentre dans la phase de discussion avec la France insoumise, on avait investi plus de 350 candidats partout en France. Donc vous imaginez bien le nombre de personnes qu'il a fallu ensuite rappeler pour leur dire qu'il ne serait malheureusement pas candidat", commente Pierre Jouvet. 

"C'est une alliance dans la durée pour transformer le pays et pour changer la vie des gens."

Pierre Jouvet

à franceinfo

Une alliance dans la douleur pour certains mais "il était nécessaire de passer par ce moment où on était en capacité de démontrer que ce n'était pas juste une alliance de circonstance pour quelques postes de députés." justifie Pierre Jouvet. Alors que des tensions ont pointé dès l'installation des députés à l'Assemblée nationale, Pierre Jouvet tient à rassurer, "avec Olivier Faure, nous serons les garants de cette unité et de ce rassemblement. Avec nos spécificités, on a et on aura des différences. Et vous savez, les différences et les débats ne doivent pas nous effrayer. Et ce n'est pas parce qu'on aura parfois des différences, parce que parfois on aura des débats même s'ils sont vifs, que ça voudra dire qu'on retournera dans ces querelles du passé. Je crois qu'on reviendra au pouvoir et aux responsabilités, oui." Mais avec d'abord tout un travail de reconstruction à faire du Parti socialiste et de la gauche, concède le secrétaire national chargé des élections au PS. 

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