Ils ont fait l'actu. Le réalisateur et militant écologiste Cyril Dion maintient la pression sur le changement climatique

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Sébastien Baer revient sur les événements marquants de l'année. Et ce sont ceux qui les ont vécus qui les racontent. Mardi 25 août, Cyril Dion et son combat pour la défense de la nature avec entre autre un documentaire "Animal" où il est question d'extinction d'espèces animales.

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Cyril Dion, militant écologiste et réalisateur. (SEBASTIEN BAER / RADIO FRANCE)


10 février 2021. Désigné comme l'un des textes phares du quinquennat, le projet de loi pour le climat est présenté en conseil des ministres. Le gouvernement vante un "tournant écologique". Mais pour le réalisateur Cyril Dion, garant de la Convention citoyenne pour le climat, le texte n'est pas assez ambitieux. "Pour l'instant, il y a maldonne, c'est sûr. Non seulement Emmanuel Macron n'a pas tenu sa promesse face aux citoyens, et on n'a pas des années à perdre. Si cette loi n'est pas à la hauteur, il va falloir attendre combien de temps pour en avoir une autre ?"

>> RÉCIT. "Nous, on a fait notre boulot" : l'expérience de la Convention citoyenne sur le climat racontée de l'intérieur

Fin juillet, le Parlement a adopté définitivement le projet de loi climat. Inspiré par le travail de la Convention citoyenne, le texte rappelle notamment l'objectif de la France de baisser de 40% ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. Mais pour Cyril Dion, garant de la Convention, le texte et ses 69 articles sont très éloignés des recommandations faites par ses 150 membres. "D'un point de vue démocratique, c'est extrêmement grave de donner autant de pouvoir à des citoyens et autant d'espoir sur le fait que, pour une fois, ce qu'ils vont faire va servir à quelque chose et ultimement de rabaisser ce travail et de ne pas le respecter. Une partie [des citoyens de la Convention] l'a vécu comme une véritable trahison. D'autant plus qu'ils se sont vraiment donnés énormément de mal."

La lutte contre le réchauffement climatique n'est pas une "priorité mise à son juste niveau" par le gouvernement, selon Cyril Dion. "Avec le réchauffement climatique, on parle du fait que notre planète devienne partiellement inhabitable d'ici quelques décennies."

Sur l'effondrement de la biodiversité, les scientifiques craignent qu'au siècle prochain, on soit vraiment dans la sixième extinction de masse, c'est-à-dire que 75% des espèces peuvent être amenées à disparaitre. Cela veut dire que peut-être que l'espèce humaine elle aussi serait menacée d'extinction. C'est quand même un problème sacrément sérieux !

Cyril Dion

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Avec d'autres, Cyril Dion a porté plainte contre des membres du gouvernement pour leur inaction contre le changement climatique, devant la Cour de justice de la République, le 16 juin. "Il semble que le levier juridique soit de plus en plus utilisé et de plus en plus efficace. Dans une démocratie digne de ce nom, on ne devrait pas avoir à attaquer nos États en justice pour qu'ils respectent leurs engagements. Et pourtant, là, on est obligés de le faire. C'est bien le signe qu'il y a un problème", regrette le militant écologiste.

La plainte vise uniquement le gouvernement actuel, comme l'explique Cyril Dion : "L'objectif, c'est d'obtenir des résultats, de faire en sorte qu'ils fassent tout ce qui est en leur pouvoir, aujourd'hui, alors qu'ils sont en fonction, pour rehausser les objectifs climatiques de la France. Sinon, on aurait pu attaquer en justice tous les ministres des gouvernements précédents qui n'ont pas fait ce qu'il faut."

Cette plainte n'est pas symbolique, elle vise à pousser le gouvernement à agir en faveur de la préservation du l'environnement : "Là, notre but, ce n'est pas d'obtenir des condamnations pour l'Histoire, pour la gloire ou pour avoir raison. Notre but est que ce gouvernement agisse le plus rapidement possible pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. Si l'exécutif ne remplit pas ses engagements et ne fait pas ce qui doit être fait pour que la population française soit en sécurité, on demande à la justice de faire appliquer la loi."

Mobilisations, désobéissance civile et combat d'idées

Cyril Dion relativise l'ampleur des mobilisations pour le climat : "C'est encore très faible. La plus grosse mobilisation qui il y a eu en France ces dernières années doit être celle du 16 mars 2019. Il y avait 350 000 personnes sur l'ensemble de la France. Quand il y a eu les attentats contre Charlie, il y avait 4 millions de personnes dans les rues. Quand on a gagné la Coupe du monde, il y avait un million et demi de personnes sur les seuls Champs-Elysées. Donc 350 000 personnes sur toute la France, cela reste relativement faible."

De toute façon, le nombre ne fait pas toujours la force, selon le militant : "On voit par exemple les mobilisations qu'il y a eu pour la loi Travail, importantes et longues, qui pourtant n'ont pas abouti. Le gouvernement n'a pas cédé ou écouté ces citoyens, malgré l'ampleur de ces mobilisations." Alors, pour plaider la cause de l'environnement, Cyril Dion a adopté une stratégie qui passe par plusieurs "faisceaux" : "La mobilisation dans la rue et dans les médias, les actions en justice et la désobéissance civile. À la fois le combat d'idées, pour proposer des visions du futur différentes, et des innovations sur le terrain pour montrer qu'on peut vivre différemment. Toutes ces stratégies doivent s'entremêler."

Cyril Dion va débuter dans quelques jours la promotion à travers toute la France de son film Animal. Le documentaire, présenté au festival de Cannes, est une nouvelle fois très militant. Il est question de changement climatique, d'invasion du plastique et d'extinction des espèces.

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