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Ils ont fait l'actu. Ivan Mottet, le maire de Saint-Martin-Vésubie, commune dévastée par la tempête Alex

Sébastien Baer revient sur les événements marquants de l'année. Et ce sont ceux qui les ont vécus qui les racontent. Mardi 3 août, retour sur la tempête Alex qui a fait 10 morts et 8 disparus.

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Ivan Motter, le maire de Saint-Martin-Vésubie dévasté par le passage de la tempête Alex le 2 octobre 2020.
Ivan Motter, le maire de Saint-Martin-Vésubie dévasté par le passage de la tempête Alex le 2 octobre 2020. (SEBASTIEN BAER / RADIO FRANCE)

2 octobre 2020. Après le Morbihan, la tempête Alex – première tempête de l'automne – frappe le département des Alpes-Maritimes. Épicentre des intempéries, le village de Saint-Martin-Vésubie et ses 1 400 habitants. Sur place, la Vésubie est sortie de son lit et a piégé plusieurs habitants. "On a des gens qui sont réfugiés à la mairie, dans la salle du conseil et qui ne peuvent plus rentrer chez eux parce que l'eau s'infiltre partout et ça devient menaçant dans certaines maisons. Les pompiers sont partout. Donc on ne peut pas bien les joindre", se remémore le maire de Saint-Martin-Vésubie Ivan Mottet

Pour l'arrière-pays niçois, le bilan est lourd : 10 morts, huit disparus. Les dégâts sont considérables et dépassent le milliard d'euros. Il faut reconstruire les routes, les ponts et les réseaux d'eau et d'électricité.

Dix mois plus tard, les travaux ont démarré pour effacer les traces des inondations mais la catastrophe continue à marquer les esprits. "Le début de cette catastrophe, cela a été une vision de guerre avec ces hélicoptères qui, sans arrêt, atterrissaient et les gens qui partaient avec des valises. On a encore des gens qui vont voir des psychologues tous les jours. Il y en a qui ont besoin d'aller se confier, d'expliquer ce qui s'est passé", décrit l'élu. Sur le coup, il y en a eu des traumatismes mais celui qui est plus grave, c'est celui qui survient trois mois après ou quatre mois après. Des gens qui disent 'maintenant, je me mets à rêver que je suis englouti par l'eau', des choses comme ça", ajoute Ivan Mottet.

Des expertises très longues

Les maisons sinistrées n'ont pas encore été totalement détruites, "parce qu'on attend que les Domaines fassent l'évaluation définitive de ces biens. Regardez les autres catastrophes qu'il y a eues dans le Midi, ils ont été indemnisés au bout de cinq ans... mais on espère, malgré tout. J'ai eu en visioconférence le président de la République qui fait accélérer quand-même tous ces travaux qu'il faut faire, tout ça est en train de se faire. Mais c'est vrai que c'est long" fait remarquer le maire qui note la difficulté liée "au passage des experts et assureurs". "C'est complexe parce que si vous voulez, en plus, vous avez toutes ces maisons, plus d'une centaine, qui sont parties à l'eau, entièrement détruites. Celles-là, comment faire une évaluation ? Il n'y a que des photos, des choses comme ça, des voisins qui peuvent dire 'voilà, la maison était comme ci, comme ça'. À mon avis, ça va être encore long". 

Pour Saint-Martin, la Madone et le Boréon, le maire estime les dégâts à "un milliard et demi d'euros" et s'inquiète."La municipalité n'a pas d'argent donc, quand on nous dit on vous aidera à 60-70%, je ne sais pas où on va trouver la différence. Regardez, rien que les petits sentiers de montagne, nos petits sentiers communaux, on considère qu'il faudra six millions pour les refaire. Le cimetière est parti à l'eau, comment on fait ? On a des gens qui viennent nous voir pour le cimetière en disant 'nos parents sont partis à l'eau'. On retrouve des ossements actuellement donc il y a des recherches ADN. Tout ça peine aussi les gens, 'est-ce que c'est les miens qu'ils ont retrouvés ?'"

C'est un peu difficile de parler de ça mais il y a quand même 160 cercueils qui sont partis à l'eau. Comment on fait ? Il n'y a pas d'assurance pour ça. Donc on attend des aides. On passera peut être par un emprunt. On sera obligé

Ivan Mottet

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Un seul mot d'ordre : la prévention

Pour prévenir de nouveaux dégâts en cas d'intempéries, des travaux ont déjà débuté, d'autres sont prévus. "Le lit de la rivière va être élargi. Donc il y aura un lit de presque 100 mètres de large alors qu'il était de 10 mètres avant. Là, il n'y a pas de problème, il y aura de la place. Il y a de nouveau eu l'autre jour pas mal d'eau. On a vu que le lit de la rivière était complet, même s'il n'était pas très haut. C'est une sécurité. Mais ce qu'il faut, c'est conforter les berges. Sinon, il va y avoir l'eau qui va saper par-dessous et encore des éboulements." 

Ivan Mottet redoute de futures tempêtes. "Je crois que dans l'avenir, il y en aura. On ne pourra plus parler de crue centenaire. Je ne veux pas être un oiseau de mauvais augure, mais peut-être que dans quinze jours, on peut avoir un orage important, même s'il n'est plus aussi important que ce qui s'est passé, il peut y avoir encore des problèmes". 

Mi-juillet, premier pas vers le retour à la vie d'avant, le parc animalier Alpha qui abritait 13 loups et détruit par la tempête Alex, a pu rouvrir ses portes à Saint-Martin Vésubie. Avec une nouvelle meute de cinq loups gris d'Europe. Les travaux de reconstruction, eux, vont durer encore de longs mois.

Ivan Motter, le maire de Saint-Martin-Vésubie dévasté par le passage de la tempête Alex le 2 octobre 2020.
Ivan Motter, le maire de Saint-Martin-Vésubie dévasté par le passage de la tempête Alex le 2 octobre 2020. (SEBASTIEN BAER / RADIO FRANCE)