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L'Erika, la taxe électronique et la cour Sarkozy

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Avec d'abord dans toute la presse le jugement dans l'affaire de l'Erika...

Historique, le mot barre la une d'Ouest France et du Télégramme de Brest, et même doublement historique dit Ouest France : c'est la première fois en Europe qu'un puissant groupe pétrolier est condamné pour pollution, la première fois que le préjudice écologique est pris en compte par la justice.
Pour Ouest France, c'est une nouvelle ère que propose le tribunal : le capitaine relaxé, le propriétaire de la cargaison condamné, le miroir des sociétés-écran brisé, les lampistes acquittés...
Mais attention dit aussi Ouest France, pour que ce jugement tienne toutes ses promesses, il réclame une suite, il faudra de vraies réformes du droit maritime et des systèmes d'indemnisation.

Autrement dit un jugement appelé à faire tâche d'huile, c'est Jacques Camus qui n'a pas raté le jeu de mot dans la République du Centre, il parle aussi d'un jugement exemplaire, et d'un énorme pavé dans un océan d'irresponsabilité avec la reconnaissance que le groupe Total a bien sa part de responsabilité.
Nice Matin salue aussi cette première qui réconforte tous ceux qui se battent pour la cause écologiste, un jugement qui fera date et qui écrit une nouvelle page du droit se félicite aussi Hervé Chabaud dans l'Union de Reims.

Tandis que la Provence rappelle aussi un chiffre qui fait froid dans le dos : la Provence revient sur le travail de la justice des mers, le travail du pôle maritime du parquet de Marseille, l'occasion de rappeler qu'avec près de 300 dégazages en mer quotidiens, c'est l'équivalent d'un Erika par semaine qui souille la Méditerranée, un Erika par semaine... De quoi donner raison à Ouest France, le jugement d'hier réclame des suites et des suites rapides avant qu'il soit trop tard.

Un coup de colère aussi ce matin dans la presse économique...

Les Echos explorent les pistes du gouvernement pour compenser la disparition de la publicité dans l'audiovisuel public, et le moins qu'on puisse dire c'est que l'annonce-surprise de Nicolas Sarkozy sème une belle pagaille.
Le gouvernement pense maintenant selon les Echos à taxer les produits d'électronique grand public recevant la télévision...
L'autre idée c'était de taxer les chaînes privées ou les opérateurs télécoms qui évidemment n'étaient pas volontaires.
Alors qui va finalement hériter de la patate chaude, on n'en sait rien, mais selon les Echos à l'idée d'être taxés à leur tour, les fabricants d'électronique grand public ne décolèrent pas... L'idée d'être taxés une troisième fois les fait même bondir, puisqu'ils payent déjà au titre de la copie privée et au titre de l'éco-taxe.
Et qui va payer au final, le consommateur, qui sera heureux d'apprendre qu'il risque de payer jusqu'à 30 euros de plus pour acheter une télé, alors qu'il paye déjà 116 euros de redevance audiovisuelle.
Reste pour le gouvernement à faire passer cette brillante idée concluent les Echos, qui ajoutent qu'en ces temps de défense du pouvoir d'achat, la mesure risque de faire grincer des dents du côté des consommateurs.

Enfin cette grave question à la une du Point...

Le Sarkozysme est-il une monarchie ? avec à la une du Point, la cour du roi façon roi-soleil sous le pinceau de Gérôme, mais rien de bien nouveau rappelle Sylvie Pierre-Brossolette, c'est même un début de mandat dans la plus pure tradition de la Vème République...
Le point qui publie des extraits croustillants de la "Chronique du règne de Nicolas 1er" de l'écrivain Patrick Rambaud qui s'est glissé dans la peau de Saint-Simon pour dépeindre les moeurs de l'Elysée à la manière de son illustre prédécesseur...
Sa Majesté, décrit Patrick Rambaud, avait l'oeil encapoté mais vif, quoique tiré vers le bas, un nez qui pointait pour occuper tout le milieu du visage... Même parvenu, notre précieux souverain ne trouva point la paix en lui-même, tant il restait secoué en continu par des nervosités, nul ne l'ayant jamais vu fixe et arrêté, il ne bougeait que par ressorts... Quand il parlait au public, il se rengorgeait ainsi qu'un pigeon et se livrait à de curieuses contorsions... voilà pour le roi, euh... pour le président... sans parler des portraits du Duc de Sablé, du cardinal de Guéant et du petit marquis de Benamou, ou encore du comte d'Orsay, un Bernard Kouchner bel esprit, mais l'importance lui tournait la tête, tyran de ses familiers, il s'étourdissait de sa fonction sans peut-être y croire lui-même...
la suite sous la plume de Patrick Rambaud avec des extraits de son livre dans le Point.

La preuve que ce n'est pas qu'anecdotique, c'est que le magazine Historia thématique a eu la même idée, et dans son dernier numéro fait le tour des phénomènes de cour, de Louis XIV à Sarkozy... A quoi sert la Cour, et bien de tout temps, monarchique ou républicain, à se servir des courtisans et des obligés pour se donner en spectacle, pour tout voir et tout savoir et bien sûr pour le meilleur pour cultiver les secrets d'alcôves, mais ça c'est sûrement du passé, Historia explique ainsi ce qu'il fallait ou ce qu'il faut savoir pour accéder au royaume des ambitieux, des nobles oisifs de Louis XIV aux mondains de Giscard, ou encore des pélerins solutréens de Mitterrand aux people de Sarkozy.

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