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"Jaurès assassiné"

"Jaurès assassiné", titrait L'Humanité il y a un siècle, au lendemain de la mort du fondateur du socialisme. Cette "Une" est rééditée ce jeudi au format de l'époque.

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(© L'Humanité)

"Jaurès est mort : il a été tué sous nos yeux par deux balles assassines" . Les mots de Louis Dubreuilh, en "Une" de L'Humanité , le journal fondé par le député du Tarn, datent du samedi 1er août 1914. La veille, le pacifiste Jean Jaurès est tombé sous les balles d'un militant ultra-nationaliste, Raoul Villain. "Lors de ses funérailles, le 4 août , peut-on lire dans Les Echos, la France était entrée en guerre".

Ce soir du 31 juillet 1914 nous est raconté par Laurent Joffrin dans Libération . "Au Café du Croissant, ce soir-là, un rideau le protégeait de la rue. Un fragile pan de toile pour arrêter la haine (...). Soudain, une main écarta le rideau sur la rue. Un pistolet surgit. Deux coups de feu claquèrent. La première balle frappa Jaurès à la tempe, l’autre se perdit dans le mur d’en face."

A gauche comme à droite, on s’arrache l’héritage du grand homme

"Il est mort maintenant, sa grande voix ne retentira plus" , écrit le lendemain L'Humanité . Pourtant, "par ses écrits, par son verbe, par sa philosophie, par son message à la gauche, Jean Jaurès est toujours vivant" , assure Laurent Joffrin. "A gauche, à droite , écrit Le Parisien , on s'arrache l'héritage de Jaurès" . Le quotidien cite les nombreuses références des dirigeants politiques actuels au fondateur de la SFIO, l'ancêtre du Parti socialiste. François Hollande, Manuel Valls, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, tout l'échiquier politique se dispute son héritage.

"Une longue procession de personnalités, habituées à le citer à la fin des banquets, de récupérateurs, de manipulateurs de sa pensée, se déploie dans la grande sphère médiatique, bien loin des idéaux du fondateur de L'Humanité et député du Tarn" , regrette de son côté Patrick Le Hyaric, l'actuel directeur du journal de Jaurès.

(© L'Humanité)