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Edition spéciale Benoît XVI en direct de Rome

Benoît XVI et sa décision de renoncer à sa charge à la Une de la quasi-totalité de la presse.

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En
France aussi Benoît XVI est à la Une de la quasi-totalité de la presse...

Avec un message
venu des cieux. La foudre est tombée hier
sur le Vatican : 

Elle est tombée au sens propre : c'est une très belle
photo à voir sur le site de la Stampa et sur le site d'Ouest France, la foudre qui s'abat hier
soir sur le dôme de la basilique Saint-Pierre. Photo prise le jour même où le
pape annonce qu'il va passer la main... Certains y verront un signe, d'autres
juste un curieux hasard, en tout cas, c'est le symbole souvent repris dans vos
journaux, un coup de tonnerre sur le Vatican au propre comme au figuré.

"Que sa
volonté soit faite", la volonté de Benoît XVI, c'est le titre très liturgique à la Une la Provence
avec une photo d'un Benoît XVI qui fait un signe de la main, un autre signe de
la main à la Une du Figaro, comme un signe d'adieu :

Le Parisien et
Aujourd'hui en France pensent déjà à la suite, avec cette question "Qui va
lui succéder ?" :

A la Une de la
Croix, un titre tout en finesse, le pape choisit non pas de démissionner ou
d'abdiquer à la Une de la Croix, mais "Le pape choisit de
s'effacer"...

Le pape qui a même droit à un coin de la première page de
l'Humanité, "Saint-Siège vacant au Vatican"...

 Et la Une la plus
esthétique et la plus second degré, celle de Libération, avec ce titre en forme
de clin d'oeil un peu insolent, "Papus interruptus", et une photo non
pas du visage ou de la main de Benoît XVI, mais une photo du bas de sa soutane
et de la célèbre chaussure rouge qui dépasse, la célèbre chaussure des papes,
un pape qui tourne les talons et qui s'en va...

Et les journaux
s'interrogent tous bien sûr sur le sens de la décision surprise du pape...

Beaucoup comme la
Croix et le Figaro y voient à la fois l'humilité d'un homme et aussi une grande
audace politique, d'autant plus remarquable de la part d'un pape réputé très
conservateur... Les Dernières Nouvelles d'Alsace saluent d'ailleurs le courage
du pape, "le courage de renoncer".

Pourquoi cette
décision, et pourquoi maintenant ? Si les catholiques du monde entier ont été
comme frappé par la foudre, demi-surprise seulement dans les couloirs feutrés
du Vatican. Demi-surprise à lire Libération qui parle d'une impression qui
court depuis l'été dernier...

Demi-surprise
encore à lire le Figaro qui fait la liste des signes qui pouvaient laisser
prévoir cet épilogue pour Benoît XVI : des audiences publiques raccourcies, la
promenade rituelle dans les jardins du Vatican devenue rarissime, une chevelure
abondante souvent aplatie au niveau de la nuque comme chez ces personnes âgées
qui passent beaucoup de temps dans un fauteuil de repos. Une chute aussi il y a
presque un an, sans gravité mais tenue secrète, et peut-être surtout
l'emménagement récent du cardiologue personnel du pape dans l'enceinte même du
Vatican, une première, comme si le médecin devait se tenir prêt à intervenir le
plus vite possible en cas de malaise du souverain pontife.

Pour les journaux,
l'annonce d'hier est aussi l'occasion de faire le bilan des années Benoît XVI,
bilan contrasté...

Rarement, écrit
Libération, rarement pontificat aura suscité autant de polémiques.
Politiquement, le choix d'élire Benoît XVI fut une erreur de casting, et
Libération comme l'Humanité rappellent des épisodes douloureux, le discours de
Ratisbonne qui avait enflammé le monde musulman, les scandales de pédophilie ou
encore la rocambolesque réintégration d'évêques intégristes.

L'Humanité sans
suprise est la plus sévère, elle dénonce même un pape au "parfum
d'obscurantisme", un pape crispé sur les questions doctrinaires pour
rejeter toute avancée quelle qu'elle soit, sur l'avortement, la contraception,
le préservatif, le mariage des prêtres ou encore l'ordination des femmes.

L'autre lecture,
c'est celle du Figaro, qui célèbre un pape "discret, mais décisif",
qui s'est attaché prioritairement à réconcilier l'Eglise catholique avec
elle-même, quitte à susciter en effet des incompréhensions à l'extérieur de
l'Eglise. 

Enfin on tire aussi
dans les journaux une autre leçon de la démission du pape : pour la Dépêche du
Midi, en faisant valoir son droit à la retraite, Benoît XVI vient en quelque
sorte d'accomplir un geste de "modernité sociale", en exprimant une
"revendication" entre guillemets qui concerne tous les hommes ayant
accompli leur tâche, au Saint-Siège comme à l'usine. Dit plus trivialement,
"le pape raccroche" écrit Jean-Claude Souléry dans la Dépêche.
Désormais, on attend la prochaine fumée blanche. Au suivant...

Un mot aussi de la
presse mondiale, car l'événement est planétaire...

 En Allemagne, "Sensation au
Vatican", c'est le titre du Spiegelonline. Pour le Frankfurter Allegemeine Zeitung, la décision du pape de se retirer est un exemple pour les leaders modernes, l'exemple d'une grande figure historique.

Pour le New York
Times, le successeur de Benoît XVI devra guider une Eglise à la croisée des
chemins... Justement, pour le Washington Post, la question, c'est de savoir
comment le futur pape saura s'adapter à la modernité, et en faisant son choix,
le Vatican doit aussi décider quelles sont les qualités d'un pape du XXIème
siècle.

A Londres, "La
démission du pape bouleverse l'Eglise", c'est le titre à la Une du
Guardian. "Je suis trop faible pour continuer", à la Une du Times. Un
titre moins solennel à la Une de l'Independent : "Poste vacant : un
nouveau leader recherché pour 1 milliard 200 millions de catholiques.

Enfin pour suivre
l'actualité vaticane, un numéro spécial de la Vie "Le pape s'en va",
en ligne pour les abonnés du site à midi, et en kiosque demain... Un autre
dossier très complet à retrouver aussi sur le site Internet du quotidien la
Croix.

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