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Cambriolage au FBI : les auteurs se dénoncent 43 ans après !

Le 8 mars 1971, des locaux du FBI à Philadelphie sont visités par des inconnus qui s'emparent de nombreux documents discrètement envoyés ensuite à la presse : les premiers éléments d'un vaste scandale, la preuve que le FBI menait alors des opérations illégales contre des mouvements qui s'opposaient à la guerre du Vietnam ou qui luttaient pour les droits civiques.

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A l'époque, ces
révélations sur les agissements secrets du FBI avaient fait scandale, à l'image
de ce qui se passe aujourd'hui avec la NSA. L'agence avait alors tout tenté
pour découvrir l'identité de ses cambrioleurs. En vain.

Aujourd'hui, ces
inconnus ont décidé de sortir du bois. Cinq de ces huit cambrioleurs témoignent
dans un livre qui vient de sortir aux Etats Unis. On y apprend que le cerveau
de cette attaque était un professeur d'université, William Davidon. En ce début
des années 70, il se lasse de voir que les manifestations auxquelles il
participe, contre notamment la décision du Président Nixon d'intervenir militairement
au Cambodge, ne débouchent sur rien, ne changent rien. Il décide alors, avec
plusieurs proches, de s'attaquer de front à cette administration et son bras
armé, le FBI.

La Cible : les locaux de l'agence à Philadelphie. Pendant
des mois Davidon et ses acolytes effectuent des repérages autour du bâtiment. Mais
les lieux sont trop bien gardés. Le groupe décide alors de se rabattre sur un
bureau annexe, à quelques mètres de là, sans savoir s'il y aura quelque chose à
voler à l'intérieur ! Qu'importe, le Jour J, le groupe pénètre dans ce bureau,
emporte tout ce qu'il trouve et envoie ces documents à divers journaux, notamment
le Washington Post qui est le premier à les utiliser, partiellement, parce que
certaines pièces sont incompréhensibles : il y a par exemple dans ce flot
de papiers reçus par les journalistes, un bordereau qui porte un sigle : Co
Intel Pro. A ce moment là, personne ne sait ce que cela veut dire.

Ce n'est que
des années plus tard, grâce au travail d'un journaliste de la chaine NBC qui
obtiendra d'autres documents du FBI, que les Etats-Unis découvriront le pot aux
roses : Co Intel Pro était un programme secret lancé à la fin des années 50 par
le directeur de l'agence, J. Edgard Hoover pour littéralement pourrir la vie de
dissidents, comme Martin Luther King. Avec par exemple cette lettre anonyme qui
menaçait le leader noir de révélations sur ses aventures extraconjugales s'il
ne se suicidait pas.

Le livre consacré à cette incroyable histoire de cambriolage est sorti
ce mardi 7 janvier aux Etats-Unis. Il est écrit par la journaliste Betty Medsger, celle-là
même qui avait la première enquêté et publié des articles à partir des documents
envoyés par les cambrioleurs.

A Voir : le choix de Polka magazine

Le travail du photographe Sylvain Leser sur les SDF.

 

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