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Relations normalisées entre les Etats-Unis et Cuba : la fin de 53 ans de conflit

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En annonçant l'ouverture d'une ambassade à la Havane et en affirmant vouloir discuter avec les parlementaires de la levée de l'embargo cubain, Obama met fin à un conflit vieux de 53 ans.
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Radio France
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 (Fidel Castro en avril 1961, lors de l'invasion de la Baie des Cochons © SipaPress)

Le 3 janvier 1961, les Etats-Unis annoncent une décision de la plus haute importance, toujours d'actualité aujourd'hui, 53 ans plus tard:

Les Etats-Unis ont rompu les relations diplomatiques avec Cuba !

Comment cela est-il arrivé ? Il faut savoir que l'arrivée au pouvoir du tombeur de Batista, Fidel Castro, en février 1959 ne met pas immédiatement le feu aux poudres. Neutre dans la Guerre Froide, le Cuba de Fidel Castro n'est pas encore un adversaire géopolitique à 150 kilomètres des côtes de Floride.

Pourtant rapidement,  le 17 mai de la même année, tout change. Le Lider Maximo décide de nationaliser toutes les terres de plus de 420 hectares, dont la plupart appartiennent à des Américains ou à des sociétés américaines, sans compensations. Outre les terres, les entreprises, notamment les casinos, sont également nationalisés.

Face à cela, les Etats-Unis choisissent d'abord la réponse économique pour affaiblir Cuba (fin des importations de sucre, limitation des exportations de pétrole...). Face à l'inefficacité de ces mesures, cette réponse se fait de plus en plus forte.

En janvier 1961, c'est la rupture des relations diplomatiques. En avril, la réponse se fait miliatire avec le débarquement raté de la Baie des Cochons destiné à renverser le régime de Castro. Et en février 1962, Kennedy décrète l'embargo.

L'échec de l'embargo

S'ouvre alors une longue période d'embargo, de blocus, "bloqueo" selon Cuba. L'île résiste grâce à l'aide de l'URSS dont l'effondrement, à la grande surprise des Etats-Unis, ne provoque pas celui de Cuba. C'est aussi grâce au tourisme, aux exportations agricoles, celle du sucre notamment... et en justifiant ses souffrances par un sentiment anti-Yankee très fort que l'île se maintient à flot.

Mais cette résistance de Castro n'est pas au goût des Américains. En 1996, par la loi Helms-Burton, des Républicains Jesse Helms et Dan Burton, ils renforcent encore leur emprise sur Cuba.

Après avoir serré la main du leader cubain, Raul Castro, aux funérailles de Nelson Mandela l'année dernière, Barack Obama a reconnu hier soir que cette longue politique d'embargo a échoué. Et que pire encore, en affaiblissant Cuba, elle pourrait faire naître à quelques dizaines de kilomètres des côtes américaines un "failed states". Au Moyen-Orient, en Irak notamment, les Américains ont vu ce que peut produire une politique inadaptée.

En affirmant vouloir évoquer la levée de l'embargo avec les Parlementaires américains, et en annonçant l'ouverture d'une ambassade américaine à La Havane, Barack Obama annonce des relations normalisées avec Cuba.

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