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Le viol : un si long combat pour les victimes

En 1978, le procès d'Aix-en-Provence devient le procès du viol. Plus rien ne sera ensuite comme avant.

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Retour au début du mois d’août 1978. S’ouvre devant la Cour d’Assise d’Aix-en-Provence, le procès de trois hommes accusés de viol sur deux jeunes femmes belges. Une affaire qui date de quatre ans. Les trois hommes avaient été déférés devant un simple Tribunal de Grande Instance. Les mouvements féministes, l’avocate Gisèle Halimi en tête ont fait de cette affaire considérée comme banale, le procès du viol.

Le 3 août, le jugement tombe :

"Le procès des deux Marseillais et du Parisien ont été condamnés à six et quatre ans de réclusion criminelle, a été plus celui de la notion de consentement  que celui des inculpés. Dans le fond, Maître Gisèle Halimi est plutôt contente. Dès le début de sa plaidoirie, elle dépassait le cas des trois hommes dans le box en s'écriant: "Quant un femme dit non, c'est non". Gisèle Halimi: "Le vrai combat des femmes, il ne peut pas être ponctuel, ça ne peut pas être sur un point les faire condamner. Le combat des femmes c'est changer la société, changer la mentalité, changer les rapports" "

Pour Gisèle Halimi ce qui compte c’est le refus du consentement de la femme. Mais encore faut-il définir clairement ce qu’est un viol, jusque-là limité à un coït forcé. C’est chose faite, dans la foulée du procès d’Aix, le 12 avril 1980 l’Assemblée nationale définit enfin clairement le viol:

"Le viol sera désormais "tout acte de pénétration sexuelle de quelque nature qu'il soit, commis ou tenté sur la personne d'autrui par violence, contrainte ou surprise". Voilà qui devrait faciliter la tâche des tribunaux qui jusqu'à présent étaient libres d'apprécier quand il y avait ou il n'y avait pas viol. "

En outre, l’anonymat des plaignantes est enfin garanti.

Théoriquement, l’absence de consentement doit désormais protéger les femmes au sein du mariage.

Mais il faudra encore du temps pour revenir totalement sur la notion de  "présomption de consentement de l'épouse", sous-entendu : dire oui à la mairie, valait un oui pour tout et pour toute la vie. Ce n’est qu’en 2010, que la référence à la présomption de consentement disparaît. Le texte précisant que le viol est réalisé lorsqu'un rapport sexuel est imposé 

 "Quelle que soit la nature des relations existant entre l'agresseur et sa victime, y compris s'ils sont unis par les liens du mariage"

Le calvaire de Jacqueline Sauvage prouve qu’il reste du chemin à parcourir, des combats à mener, pour que cette loi s’impose partout et pour tous.

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