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La fessée, une passion française

Personne n'aurait imaginer interdire à Lino Ventura de gifler sa fille, Isabelle Adjani, dans le film de Claude Pinoteau... Les Français se distinguent en Europe par leur attachement à la fessée ou à la gifle pour corriger leurs enfants. Mais avec la décision, non contraignante, de la décision du Conseil de l'Europe, le débat ressurgit et n'est pas prêt de s'achever

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Mémorable, cette gifle de Lino Ventura à Isabelle Adjani dans le film éponyme de Claude Pinoteau sorti en 1974!

Personne (et surtout pas moi) n’aurait alors dit à Lino Ventura qu’il contrevenait à la loi en giflant sa fille…

De peur d’en prendre une soi-même, mais aussi parce que dans ces années-là, la gifle ou la fessée était non seulement tolérée mais même encouragée.

Même si en 1951, la préférence allait pour la fessée, mais pour une raison qui pourrait vous surprendre:

"Chacun sait que la fessée est un excellent exercice circulatoire!"

 

Dans les années 1970, des voix commencent à s’élever contre les  "corrections" que les parents infligent à leurs turbulentes progénitures. A la radio, la pédiatre et psychanalyste Françoise Dolto présente pendant deux ans, entre 1976 et 1978 "Lorsque l’Enfant Paraît" avec Jacques Pradel sur France Inter. La question de la fessée revient souvent, Françoise Dolto est plutôt mitigée…

 

"C'est pas mon style, alors c'est difficile de répondre aux parents.... "

 

Dans un pays où la fessée est à ce point développée que même Françoise Dolto, qui y est opposée personnellement, semble devoir l’accepter, une décision de justice rendue en 2013 suscite l’incompréhension. En octobre de cette année-là, un père écope d'une condamnation de 500 euros pour avoir donné une fessée déculottée à son fils.

 

C’était une première en France où les juges avaient intégré depuis longtemps le droit de correction a condition évidemment que ladite correction soit mesurée.

Rappelons que c’est aussi au nom de ce droit de correction que les maris pouvaient frapper leurs femmes, histoire de rappeler que ce qui est toléré un jour ne l’est pas forcément pour toujours…

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