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Juin 1961, la fin des "jacqueries" paysannes

En juin 1961, les manifestations des agriculteurs auraient pu être une énième jacquerie. Elles marquent en fait un renouveau majeur dans l'expression de la colère des agriculteurs.

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Retour le 4 juin 1961. Les agriculteurs bretons sont en colère. Depuis quelques jours, la baisse des cours les a plongés dans la difficulté. Ils ont trouvé le moyen de se faire entendre, lors des élections cantonales. Les journalistes parisiens accueillent avec un certain dédain cette nouvelle expression de la colère paysanne…

"Les élections se sont déroulées partout dans le calme. Presque partout, puisque dans la région de Pont l'Abbé dans le Finistère Sud, des événements graves ont eu lieu. Dans quatre communes, des groupes de paysans se sont emparés des urnes, les ont vidées et les ont brulées. Cela ne règle pas les problèmes et il s'agit de problème très local et de la défense d'intérêts très particuliers...

Bref, une Jacquerie (que l'on pourrait définir comme un mouvement de révolte brutal contre l'autorité et qui n'offre pas de solution ou de pistes de réformes à mener) locale qui n’aura aucune utilité !

Et pourtant, le mouvement prend de l’ampleur et depuis le Finistère Sud, il va se développer dans le Nord du département. Le 8 juin, la sous-préfecture de Morlaix est occupée par des agriculteurs en colère. Puis le mouvement se diffuse à l’ensemble de la région et même au-delà, notamment dans le Gers et l’Aude. L’épicentre restera cependant breton.

Il y aura des coups d’éclat, des blocages de route pour alerter les pouvoirs publics, mais la FNSEA qui est aux commandes cherche à éviter l’anarchie qui a souvent caractérisé et parfois délégitimé les contestations paysannes par le passé.

A bien des égards, le mouvement de 1961 marque une rupture fondamentale dans l’histoire des révoltes paysannes. Pour la première fois, ce sont des agriculteurs bien installés dans le système, qui manifestent. Des agriculteurs qui ont beaucoup investi et qui se trouvent en grandes difficultés en raison de la baisse des cours.

Ce qui correspond finalement au profil des agriculteurs qui manifestent aujourd’hui dans Paris.

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