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Hong Kong, "dernière lueur de la démocratie en Chine" ?

Malgré la sévère répression, ils sont des centaines de milliers à réclamer à Pékin plus de démocratie dans les rues de Hong Kong. Initiées par les étudiants, ces manifestations marquent le fossé qui sépare la Chine continentale de l'enclave longtemps britanniques. Un fossé béant en 1989 et qui a résisté à la rétrocession de 1997.

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(© Maxppp Hong Kong, "dernière lueur de la démocratie en Chine" ?)

Le 4 juin 1989, les chars de la l'Armée populaire de Chine entrent sur la place Tian'anmen occupée par des milliers d'étudiants réclamant à Pékin plus de liberté. La répression est terrible et à 2.000 kms au Sud, à Hong Kong, des manifestations monstres ont lieu pour soutenir les étudiants de la place. 

Hong Kong de l'enclave britannique à la région autonome

Il faut dire, en effet, qu'à l'époque, Hong Kong est encore une enclave britannique en Chine qui ne sera rendue qu'en 1997. Hong Kong, c'est la dernière trace du siècle de la honte pour la Chine.

Cinq ans plus tôt, en 1984, Margaret Thatcher et Deng Xiaoping se sont mis d'accord sur les conditions de la rétrocessions de Hong Kong à la Chine. Et parmi les points essentiels, la question de la démocratie et de l'économie de marché. Pour le deuxième point, pas de danger. En effet, Pékin a un besoin vital du moteur économique que constitue Hong Kong.

Et cela pousse Deng Xiaoping a inventé en 1997 l'expression "Un pays, deux systèmes".

En revanche, la question de la démocratie est un point éminemment plus sensible

Il serait faux de croire que la rétrocession a complètement annihilé la démocratie à Hong Kong. En effet, déjà du temps de l'enclave britannique, la population ne participait pas au choix de l'exécutif. A l’époque coloniale, il y avait un gouverneur britannique – Chris Patten fut le dernier –, et un parlement local, le Legco, partiellement élu et aux pouvoirs largement consultatifs.

Toutefois, Hong Kong s'est toujours considérée comme la la dernière lueur d'espoir de la démocratie en Chine du fait de son régime spécial et des libertés fondamentales qu'elle possède du fait de son statut d'ancienne colonie britannique, sur laquelle Londres a un droit de regard pendant cinquante ans à partir de la rétrocession.

Il est vrai que jamais depuis 1997 Hong Kong n'a relaché la pression en ce qui concerne la démocratie. C'est notamment le seul endroit en Chine où l'on commémore l'anniversaire de Tian'anmen, totalement passé sous silence dans le reste du pays.

Hong Kong, tête de pont de la démocratisation de la Chine 

Plus grave pour Pékin, les militants entendent bien faire de l'ancienne enclave la tête de pont d'un vaste mouvement démocratique en Chine.

En avril dernier, un musée consacré aux événements de la place Tian'anmen a ouvert à Hong Kong et là aussi, le but est clairement avoué. Faire connaître l'événement aux nombreux touristes chinois. Ils ont été 40 millions à se rendre à Hong Kong en 2013.

Cela fait plusieurs jours que Hong Kong manifeste malgré la répression violente. Initiée par les étudiants qui ne vont plus en cours depuis une semaine maintenant, elle entend dénoncer l'absence de réel suffrage universel, pourtant promis par Pékin en 2017, date à laquelle les habitants choisiront pour la première fois leurs dirigeants. 

En effet, Pékin entend contrôler ces élections en autorisant à se présenter uniquement deux ou trois candidats "patriotes" qui ne feraient pas de vague.

Rien ne fait plus peur à Pékin qu'une contagion démocratique. Et cela pourrait expliquer la violence de la répression.

(© Maxppp Hong Kong, "dernière lueur de la démocratie en Chine" ?)