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Histoires d'info. On ne saura pas qui a tué Kennedy

L'administration Trump a publié jeudi 2891 dossiers d'archives sur l'assassinat du président Kennedy mais 200 documents restent au secret. On ne connaîtra pas le nom du meurtrier de John F. Kennedy.

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John Fitzgerald Kennedy, président américain, en octobre 1962.
John Fitzgerald Kennedy, président américain, en octobre 1962. (- / AFP FILES)

Donald Trump n’a donc pas tenu sa promesse. Il a dû céder aux requêtes des agences (CIA et FBI essentiellement) qui ont posé sur son bureau des milliers de pages qu’elles ne souhaitaient pas voir publiées. En le faisant à quelques heures de la fin de la journée du 26 octobre, deadline fixée par la loi de 1992, ils ont poussé Trump à se plier à leur demande. La Maison Blanche s’est fendue d’un communiqué très tardif pour justifier la publication de "seulement" 2 891 documents sur les 3 100 promis. Et encore faut-il ajouter que la quasi-totalité des documents publiés ne le sont pas dans leur totalité.

>> Expliquez-nous... L'origine des archives autour de la mort de John F. Kennedy 

Officiellement les agences ne souhaitaient pas que l’on révèle le nom d’agents, d’informateurs ou leurs méthodes, mais beaucoup y ont trouvé de quoi nourrir leurs théories d’une conjuration. On peut tout de même parier que même lorsque tous les documents seront publiés (Trump a posé le mois d’avril comme nouvelle deadline), ces théories ne s’éteindront pas, et notamment parce que rien ne dit que tout a été versé aux archives – on a même la certitude que c’est l’inverse.

Des milliers et des milliers de pages de rapports

Il faudra du temps pour analyser sérieusement les dizaines de milliers de pages publiées. Au total, les archives Kennedy, ce sont cinq millions de documents qu’il faut donc relire pour mettre ceux qui ont été révélés dans la nuit dans un contexte plus large. Autrement dit, une aiguille dans une botte de foin. Parce qu’il y a peu de chance qu’un document soit intitulé : "Voici la liste des personnes ayant participé à la conjuration visant à abattre le président des Etats-Unis."

Le 24 novembre 1963, Oswald est assassiné

Dans la masse des documents, certains commencent à sortir du lot. Telle cette communication entre le directeur du FBI, J. Edgar Hoover, qui prévient les autorités de Dallas qu’un complot visant à assassiner Lee Harvey Oswald est en cours. Si tel est le cas, c’est toute la théorie officielle qui s’effondre. Selon celle-ci, le 24 novembre 1963, deux jours après la mort de JFK, Oswald est assassiné par un tenancier de boîte de nuit, Jack Ruby, qui ne voulait pas imposer à Jackie l’épreuve d’un long procès. Thèse peu crédible quand on sait les liens qui unissaient Jack Rubinstein – son vrai nom – à la mafia locale et au fameux Carlos Marcello, le parrain de la Nouvelle-Orléans (où Oswald avait vécu avant Dallas) qui claironnait en 1961 vouloir assassiner JFK. Quant à Hoover, dans un autre document révélé cette nuit, il s’inquiétait qu’un possible assassinat de Oswald n’ouvre la boite de Pandore des complotismes qui pourraient éclabousser, même injustement son agence adorée.

Dans les archives tout juste découvertes, il y a aussi l’inquiétude de Moscou de voir l’enquête se diriger vers l’URSS ou Cuba et possiblement entraîner une réponse militaire de Washington. Beaucoup de gens voulaient la mort de Kennedy. Beaucoup pouvaient même l’assassiner. Les mobiles ne manquaient pas. Et depuis plus de cinquante ans, on ne cesse, malgré la publication d’archives, de se heurter à cette question lancinante : qui a tué Kennedy ?

John Fitzgerald Kennedy, président américain, en octobre 1962.
John Fitzgerald Kennedy, président américain, en octobre 1962. (- / AFP FILES)