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Histoires d'info. L'âge d’or du cirque Pinder dans les années 1950-1960

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Le cirque Pinder a annoncé lundi son placement en liquidation judiciaire. C'est peut-être toute une page de l'histoire du cirque qui se tourne en France. Une page qui a connu son âge d'or après la Seconde Guerre mondiale.

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Radio France
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Un numéro d'acrobatie sur un cheval du cirque Pinder à Chanceaux-sur-Choisille (Indre-et-Loire) vers 1950. (KEYSTONE-FRANCE / GAMMA-KEYSTONE)

Le cirque Pinder a annoncé, lundi 7 mai, avoir été placé en liquidation judiciaire cinq jours plus tôt par le tribunal de commerce de Créteil (Val-de-Marne). Toutes les représentations prévues sont annulées. Retour sur l'âge d'or de cette institution fondée en 1854 : les années 1950 et 1960.

"Le grand festival du cirque avec les plus grandes attractions mondiales. Chez Pinder, encore du nouveau"... À cette époque, le rythme est immuable : chaque jour, la cavalcade traverse l'une des 200 communes françaises (villes et villages) où s'installe le cirque Pinder entre février et septembre. C'est alors le cirque le plus moderne de France et l’un des plus modernes d’Europe. Les numéros sont exceptionnels. On se presse pour admirer les animaux sauvages et voir passer les rutilants camions provenant des surplus américains au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Tout le monde s’arrache le chapiteau Pinder.

Pinder, omniprésent dans la vie des Français

Son patron, Charles Spiessert, un descendant de forains hongrois, a pris le contrôle de Pinder en 1928 - Pinder étant au départ un cirque équestre anglais - et en a fait un cirque français. Il ne cesse de chercher à développer son cirque dans un contexte où la concurrence est très forte : il faut résister à Bouglione et à Amar. Pour cela, Pinder va voir grand et s’associer à l'Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF). "La piste aux Étoiles", l'émission de télévision ultra populaire des années 1950, 1960 et 1970, est tournée soit au Cirque d’Hiver, soit au Cirque Pinder, suivant le chapiteau dans la France entière. Pinder change d’ailleurs de nom au début des années 1960, devenant Cirque Pinder-ORTF.

Il n'oublie pas pour autant la radio : pendant une dizaine d’années, jusqu’au tout début des années 1970, "Le Jeu des mille Francs", sur France Inter, est intégré dans le spectacle du cirque Pinder. C’est un numéro à part entière qui a la spécificité d’être diffusé à la radio. Pinder a été omniprésent dans la vie des Français jusqu'au début des années 70.

Fin des années 60 : la crise 

Le problème du cirque traditionnel est né bien avant les actuelles interrogations sociétales sur le sort des animaux. Il entre en crise dès la fin des années 1960. En cause : la banalisation du cirque à la télévision, la concurrence d’autres loisirs, une image un peu désuète... En 1971, Pinder voit son contrat avec l’ORTF brutalement rompu. Les difficultés financières aboutissant à la vente du cirque au comédien Jean Richard qui ne peut empêcher, en 1978, un premier dépôt de bilan. La mode n’est plus aux animaux sauvages et pourtant Pinder continue de proposer un cirque traditionnel, subissant la concurrence du nouveau cirque. 40 ans plus tard, Pinder est en liquidation judiciaire.

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