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Histoires d'Info. 2006 : quand la SNCF choisissait Bombardier plutôt qu'Alstom

Il y a quasiment dix ans jour pour jour, en 2006, la SNCF avait choisi le Canadien Bombardier plutôt que le Français Alstom pour le marché des trains en Île-de-France. 

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Mur d\'Alstom à Reichsoffren le 26 octobre 2006.
Mur d'Alstom à Reichsoffren le 26 octobre 2006. (FREDERICK FLORIN / AFP)

La SNCF n'a pas toujours été fidèle au groupe Alstom. Voici ce que disait David Pujadas, le 26 octobre 2006 au 20 Heures de France 2 : "L'information fait sensation, la SNCF fait jouer la concurrence. Elle a confirmé tout à l'heure qu'elle confiait le très gros marché des trains en Île-de-France, non plus au Français Alstom, son fournisseur traditionnel, mais au Canadien Bombardier. On parle d'un contrat de quatre milliards d'euros."

En faisant jouer la concurrence, la SNCF avait donc choisi un constructeur canadien, mais qui produit en France, en lieu et place d'un constructeur français, Alstom, qui aura quand même une partie du contrat via la sous-traitance.

Ce n'est pas la première fois : en 2001, Alstom avait déjà perdu en face du même Canadien Bombardier une commande record de 500 trains régionaux. Une catastrophe pour le groupe français qui aurait vu son carnet de commande rempli une quinzaine d'années. Du côté d'Alstom à l'époque, on n'accepte absolument pas la décision de la SNCF. Philippe Mellier, le patron d'Alstom Transports, s'en prend dès le lendemain aux pratiques commerciales de son concurrent canadien : "Bombardier peut pratiquer des prix au Canada qui sont supérieurs aux prix de marché, engranger de l'argent et des bénéfices et les utiliser pour faire du dumping"

Le dumping est une pratique tout à fait illégale qui consiste à vendre à perte. Est-ce qu'Alstom est mauvais perdant ? Un peu, mais il faut aussi rappeler que Bombardier a remporté quelques temps avant quelques juteux contrats au Canada, sans aucun appel d'offre, notamment le métro à Montréal. Un très long épisode économique et politique.

Recours en justice

Début novembre 2006, Patrick Kron, grand patron d'Alstom, demande à la justice de se prononcer sur la régularité du contrat liant la SNCF à Bombardier, entraînant la suspension du contrat et un retard probablement considérable dans la livraison des trains à la région Île-de- France. Mais en dix jours, une solution magique est trouvée: "Les deux groupes ont trouvé un accord dans la nuit, Alstom retire son recours devant la justice. En échange, il récupère un tiers du contrat pour la SNCF. Le groupe français s'occupera notamment d'ingénierie et d'assemblage. Alstom avait déposé plainte il y a dix jours. Le groupe contestait les conditions d'attribution du marché des trains de banlieue au Canadien Bombardier. Plutôt que le bras de fer, c'est finalement la solution de compromis qui s'est imposée."

Alstom avait donc bien fait de contester les conditions d'attribution du marché à Bombardier. Pas sûr que dix ans plus tard le constructeur canadien apprécie beaucoup celle que l'on pourrait annoncer aujourd'hui.

Mur d\'Alstom à Reichsoffren le 26 octobre 2006.
Mur d'Alstom à Reichsoffren le 26 octobre 2006. (FREDERICK FLORIN / AFP)