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De 100 à 500 parrainages pour se présenter à la présidentielle (1976): La grogne des petits candidats

Le changement des règles pour se présenter à l'élection présidentielle inquiète, hier comme aujourd'hui, les petits candidats...

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(illustration prétexte © Maxppp)

Retour au mois de janvier 1976. Il devient de plus en plus dur de se présenter à l’élection présidentielle. Roger Gicquel fait le point sur TF1 :

"Il y a un problème pour l'élection présidentielle, c'est la multiplicité des candidatures. Il fallait qu'un candidat recueille 100 signatures, le Sénat a adopté récemment un projet de loi pour porter à 500 le nombre de signatures, ça éviterait les candidatures fantaisistes."

Sous une chaleur de plomb, le Congrès réuni à Versailles en juin 1976, validera cette réforme constitutionnelle.

Il y avait eu  six candidats à l’élection présidentielle de 1965, sept à celle de 1969, puis douze à celle de 1974. Compte tenu de l’égalité du temps de parole entre les candidats, cela commençait à devenir problématique.

Et à l’approche de l’élection de 1981, les "petits candidats" sont tendus. Obtiendront-ils les 500 parrainages…Brice Lalonde, petit candidat écologiste, tente son va-tout sur TF1 face à Gérard Longuet et Michel Barnier:

"Je voudrais publiquement, puisque vous êtes pour la démocratie, vous demander de prendre l'engagement, et je vais vous faire transmettre ces feuilles, de signer pour un candidat qui ne soit pas de votre parti..."

Finalement, de justesse, Brice Lalonde obtiendra ses parrainages bien aidés par l’UDF qui l’espérait voir grignoter des voix de France Mitterrand…En revanche ni Alain Krivine, ni Jean-Marie Le Pen, tous deux candidats en 1974, ne peuvent se présenter en 1981. La règle des 500 parrainages n’empêchera pas à terme l’inflation des candidatures, le record étant atteint en 2002 avec seize candidats au premier tour !

La perspective d’un durcissement de la règle avec la publication de la totalité des signataires et l’envoi par les élus eux-mêmes de leur parrainage est-elle de nature à limiter les candidatures ? Avec 47.000 parrains potentiels et des grands partis qui poussent tel ou tel petit candidat à se lancer, pas sûr que leur nombre se réduisent. D’où l’autre volet, plus polémique du projet de loi actuel : revenir sur la stricte égalité de temps de parole entre les candidats.

Et comme en 1976, à nouveau les petits candidats ont peur, très peur. 

(illustration prétexte © Maxppp)