Histoire d'égalité, France info

En un mot. Faire les soldes, un truc de meufs ?

Le mot de l'actu du jour est solde. Cela n'aura échappé à personne. Surtout pas à Nathalie Bourrus.

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Des passantes devant des vitrines à Paris le 10 janvier 2018.
Des passantes devant des vitrines à Paris le 10 janvier 2018. (LEON TANGUY / MAXPPP)

Et les revoilà. Les soldes d'hiver. Hein ? Les quoi ? Ça existe encore ?

Le mot du jour est donc solde. Mot qui vient, entre autres, de soulte qui veut dire "somme que l’on doit verser à une personne pour établir une égalité". Soulte est un mot féminin. Et solde, un mot masculin. Allez, ça recommence. En ce premier jour de soldes d’hiver (nom masculin). La soulte (nom féminin) va-t-elle l’emporter ? Ben, disons qu'en termes de soldes, on a quelques longueurs d’avance, non ? Non ? Ouh là là, je sens que ça ne passe pas du tout. Suis-je la négation du féminisme quand je dis que les nanas sont un peu plus expérimentées en matière de soldes ?

Scènes de soldes, scènes de femmes

Gros cas de conscience. Car je suis féministe. Si les auditeurs ne le savent pas, c’est qu’ils ont de la cire dans les oreilles. À la fois, comment nier la réalité ? Et qu’est-ce que c’est drôle, une femme qui fait les soldes (je parle, en "magasin physique", pas "sur le net" comme on est obligé de le préciser désormais). "J'te jure, j’en avais vraiment besoin. J’en ai déjà une paire, mais bon, tu vois, là, ce n'est pas pareil. Parce que, là, ça valait vraiment l’coup." Ça, c’est celle qui culpabilise à mort parce qu’elle n’a rien ramené pour ses enfants ou son mec (quand elle en a encore un).

Autre scène que j’adore :"Non c’est vrai, elle est un peu serrée cette jupe, mais bon. J’ai démarré une petite detox, donc d’ici 15 jours, ce sera bon." Sa copine : "T’auras perdu quoi ? Tu fais du 42 depuis 2 ans !" Elle : "Ah nan, je ne peux pas te laisser dire ça ! J’oscille entre le 38 et le 40." L’autre, dans sa tête : "N’importe quoi, la mytho".

Encore une jolie scène de soulte (de solde, non de soulte je préfère) : celle qui planque des fringues dans le coin d’une pile, au dernier étage d’une étagère ou tout en bas, près des chaussures, ou au milieu de pulls moches. Et qui revient, ni vu ni connu, le lendemain fissa pour l’acheter. Elle fonce sur l’endroit secret. Et toc : l’article adoré n’est plus là. Damned ! Elle en pleurerait. Surtout parce qu’elle était assez fière de son coup, et aussi parce qu’elle y a pensé une partie de la nuit (je ne dis pas toute la nuit, sinon on va dire que je prends les femmes pour des pétasses-acheteuses).

Et puis, il y a celle qui est carrément à poil dans les rayons (trop de monde à attendre une cabine), et qui a oublié que tout le monde peut, éventuellement, la voir. Elle s’en balance complètement (bon, moi, je le fais même hors soldes). Ce qui compte, c’est d'obtenir ce chemisier. Donc, elle ôte le sien (parce qu’elle a oublié de mettre juste un tee-shirt pour faciliter l’essayage). Elle enlève donc sa chemise très vite, cachée derrière. Ben... derrière rien. Un cirque (non, je n’ai pas dit que les femmes-soldeuses étaient des animaux) très drôle, je trouve.

En un mot

En un mot : j’arrête là car je suis grillée. Plus personne ne va croire que je suis féministe et que j’écris même un livre sur le sujet. Et que, bon, bref. Allez, une petite dernière tout de même. Allez. Cette phrase, qui se balade sur le net : "Un jour les femmes domineront le monde, mais pas aujourd’hui parce qu’aujourd’hui  ce sont les soldes." Je sors.

Des passantes devant des vitrines à Paris le 10 janvier 2018.
Des passantes devant des vitrines à Paris le 10 janvier 2018. (LEON TANGUY / MAXPPP)