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Lamya Essemlali, la gardienne des océans

Lamya Essemlali est la présidente de Sea Shepherd France, une ONG qui a pour mission la protection de la biodiversité marine. Braconnage, surpêche, échouages de dauphins, elle lutte sans relâche pour protéger les océans et les espèces qui y vivent.

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Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France.
Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France. (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

Âgée de 41 ans, Lamya Essemlali et née en région parisienne. C’est elle qui a co-fondé l’antenne française de Sea Shepherd, une ONG qui agit pour sauver les océans et les millions d’espèces qui y vivent. Les dauphins échoués en France, les tortues marines massacrées à Mayotte ou les baleines tuées dans les Iles Féroés...Lamya Essemlali est sur le front, partout, en mer et sur terre pour sauver la vie marine.

“Es-tu prête à risquer ta vie pour une baleine ?” C’est la question que lui pose Paul Watson, un ancien marin et militant écologiste, le jour où ils se rencontrent lors d’une conférence à Paris en 2005. C’est lui qui a fondé Sea Shepherd en 1977. Lamya répond oui. L’adhésion est immédiate. Lors de sa première mission, la même année, elle risque sa vie pour sauver des baleines de la pêche. 

En Antarctique, on a trouvé le navire usine de la flotte baleinière japonaise, le Nisshin Maru. On s’est placé sur sa trajectoire pour le bloquer alors qu'il nous fonçait dessus. Il faisait 7 000 tonnes et nous 700. On s’est dit que c'était la fin.

Lamya Essemlali

franceinfo

Pas très grande ni épaisse, avec son regard perçant et ses longs cheveux noirs qui ondulent, Lamya adresse un message très clair aux industriels qui pillent les océans : “Si l’océan meurt, nous mourrons aussi”.

D'origine marocaine, Lamya Essemlali n'est pas née près de la mer mais à Gennevilliers dans les Hauts-de-Seine en 1979.Dans sa famille, pas de sensibilité particulière pour l’environnement. Pas de marins non plus. Lamya aime déjà profondément les animaux dans son enfance, mais ne pense pas leur consacrer sa vie.

Après une expérience hasardeuse dans le marketing aux Etats-Unis, elle fait des études en sciences de l’environnement et fait le tour des têtes de gondoles : Greenpeace, WWF…mais pour Lamya ce que proposent ces ONG ne suffit pas. Elle veut agir plus vite et plus fort. Un ami lui parle de Sea Shepherd et de son fondateur Paul Watson. Elle le rencontre en 2005, à une conférence à Paris. Ce jour-là elle l’entend exposer sa philosophie, ses actions et se reconnaît complètement dans son discours. Elle décide de le rejoindre et crée avec lui l’antenne française de l’ONG, en 2006, dont elle devient la présidente deux ans après. Elle est également co-directrice de Sea Shepherd International, depuis 2013. 

Elle a organisé une vingtaine de missions à travers le monde

Lamya a organisé une vingtaine de missions à travers le monde, sauvées des baleines en Antarctique, des thons rouges en Libye, des tortues à Mayotte. Elle s’est aussi présentée aux municipales à Paris dans le 14e arrondissement. Non pas pour gagner,dit-elle, mais pour donner plus d’écho à la cause qu’elle défend. En ce moment, elle travaille sur un problème qui n’est pas récent, celui des échouages de dauphins au large du golfe de Gascogne. La grande majorité de ces cétacés, souvent mutilés au moment de leur capture, se noient dans les filets des chalutiers. 

Lundi 25 janvier, le Parc Astérix a annoncé la fermeture de son delphinarium mais les huit dauphins qui le composait ont été transférés vers d’autres aquariums européens. Une occasion manquée pour Lamya Essemlali qui demande : "Pourquoi sommes-nous convaincus que les dauphins captifs ne pourront jamais retrouver leur milieu naturel ?" Pour Lamya, nous nous devons au moins d’essayer…

Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France.
Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France. (BERTRAND LANGLOIS / AFP)