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"Bébés révoltés" : comment une page Facebook devient une machine à protester

Créée il y a un an et demi pour protester contre la réforme du congé parental, une page Facebook a récemment rejoint trois associations plus anciennes de familles.

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(La page Facebook "Congé parental et projet de loi" © Capture d'écran Facebook)

Contre la réforme gouvernementale du congé parental - si votée, les mères ne pourront pas prendre plus de deux ans de congé - le collectif des "Bébés révoltés" a commencé avec une page Facebook créée par une mère de deux enfants. Une page qui s'est surtout récemment associée à trois associations de familles bien plus anciennes - Familles de France, l'Union des familles en Europe et le Mouvement mondial des mères en France - pour se faire entendre.

Cette histoire, c'est celle d'une page Facebook spontanée qui va se transformer en machine bien huilée. Avant de s'appeller "Les bébés révoltés", la page créée en décembre 2012 s'appelle "Congés parental et projet de loi". C'est Linda Fédèle, une maman blogueuse et télévendeuse dans l'agro-alimentaire vivant à Manosque dans les Alpes de Haute-Provence qui en a l'idée après les propos de l'ancienne ministre des droits des femmes Najat Vallaud Belkacem qui veut changer les règles du congé parental au nom de l'égalité hommes-femmes.

"A la base, je ne voyais pas ce que j'allais réellement en faire. Honnêtement, je ne m'attendais pas à ce succès. C'était plus pour ouvrir quelque chose, pour se mettre en accord avec les autres mamans blogueuses. Chacune a écrit en même temps un billet de mécontentement sur leur blog", avoue-t-elle.

Linda Fédèle crée une pétition dans la foulée qui rassemble 8.000 signatures au bout de quelques mois. Treize mois après sa création, la page Facebook a, elle, 3.000 likes. C'en est quatre fois moins qu'aujourd'hui.

Une base populaire et un carnet politique

Pour peser sur les arbitrages du gouvernement, Linda Fédèle va contacter plusieurs associations dont Familles de France, l'Union des Familles en Europe et le Mouvement mondial des mères en France (dès 2013 pour cette dernière). L'idée, s'adosser à ces associations pour bénéficier de leur carnet politique.

La page Facebook, aujourd'hui administrée par quatre personnes, apporte, elle, la base populaire. Sur cette page, selon un sondage fait en ligne, on retrouve essentiellement des parents issus de la classe populaire qui ont du mal à joindre les deux bouts.

Résultat, mardi, les "Bébés Révoltés" étaient auditionnés par la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale sur le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Mercredi 22 octobre, ils seront audtionnés par la rapporteur en charge de la branche famille de la Sécurité sociale. Ils commencent déjà à s'organiser par région : mails à envoyer en masse aux députés et campagne d'affichage. 

Une récupération ? 

Pour Linda Fédèle, il est hors de question de parler récupération ou d'alliance sur d'autres sujets que le congé parental. "Mon mouvement ne sera jamais récupéré. Les conditions ont été posées en amont avec les associations. Aucune récupération par un groupe politique ou une association extérieure". Même son de cloche auprès du directeur général de Familles de France, Thierry Vidor, "Ce que nous défendons, ce sont les intérêts matériels et moraux de la famille. Il n'y aura pas de suite à ce collectif si jamais nous avons gain de cause".

Linda Fédèle a, par exemple, été déjà contactée à la veille de la manifestation du dimanche 5 octobre par des membres de la Manif pour tous, que soutient d'ailleurs la présidente du Mouvement mondial des mères associée au "Bébés révoltés, Marie-Laure des Brosses. Mais elle a refusé et affirme ne pas vouloir d'amalgame. D'ailleurs si l'on fait une recherche croisée grâce au module "Graph Search" de Facebook pour savoir combien parmi les 12.000 membres de la page Facebook des "Bébés Révoltés" font partie des fans de la manif pour tous, on n'en trouve qu'un peu plus de 200. 

(La page Facebook "Congé parental et projet de loi" © Capture d'écran Facebook)