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franceinfo junior. Comment lutter contre les violences faites aux femmes ?

Alors qu'une manifestation contre les violences conjugales et sexistes est prévue samedi, des collégiens posent leurs questions sur ce sujet à Céline Piques, porte-parole de l'association Osez le féminisme.

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Manifestation contre les violences faites aux femmes, le 6 juillet 2019 à Paris
Manifestation contre les violences faites aux femmes, le 6 juillet 2019 à Paris (RÉMI BRANCATO / FRANCE-INTER)

Insultes envers les femmes, harcèlement, agressions sexuelles, viols et féminicides... Une marche est prévue samedi 23 novembre à Paris et en France pour "pour crier notre colère contre l’impunité des hommes, coupables de violences contre les femmes et les filles." C'est le mot de colère et la revendication portée par cette manifestation organisée par le collectif #NousToutes, qui demande des actions. Selon cette organisation, à la date du 21 novembre, 137 femmes ont été tuées par leur conjoint ou leur ex depuis le début de l'année. Cette journée de mobilisation se tient en amont du 25 novembre, journée consacrée à la lutte contre les violences faites aux femmes.

Alors quelles solutions apporter pour stopper ces violences ? Comment lutter contre ? Manque d'hébergements pour les femmes victimes de violences, définition du viol en question, réponse pénale "insuffisante"... Dans un rapport publié mardi 19 novembre, un organe du Conseil de l'Europe met en avant les manquements en France dans la prise en charge des femmes victimes de violencesOn parle de ce sujet dans franceinfo junior. Des élèves de 6e du collège Lucie Faure de Paris interviewent Céline Piques, porte-parole d’Osez le féminisme, au micro de la journaliste Céline Asselot.

Pour mieux comprendre le sujet, un point de définition s'impose... C'est quoi les violences conjugales ? "C'est les violences qui sont commises à l'intérieur du foyer et effectivement dans 90% des cas, ce sont les femmes qui sont battues par leur mari et pas l'inverse, explique Céline Piques. Pourquoi ? Il y a quelque chose qu'on appelle le sexisme (...) C'est quelque chose qui imprègne toute notre sociéte et qui fait croire que les femmes sont un peu la possession de leur mari. Les hommes se sentent le droit de donner des ordres à leurs femmes et qui se sentent aussi en droit de les frapper si elles n'obéissent pas."

225 000 femmes victimes de violences conjugales chaque année

Céline, élève en sixième, voudrait savoir combien de femmes sont victimes de ces violences. "Il y a 225 000 femmes chaque année qui sont frappées par leur conjoint, leur mari. (...) Et au cours de sa vie, une femme sur dix sera frappée par son conjoint. C'est vraiment quelque chose d'énorme, d'encore important en France alors que c'est interdit par la loi."

Mais pourquoi les femmes restent quand même, pourquoi elles ne partent pas de leur maison, interroge un élève au micro... Ce qui provoque cette réflexion de Djénébou, l'une de ses camarades : "Déjà parce qu'ils ont des enfants, peut-être qu'ils n'ont pas de proches ici." La porte-parole d'Osez le féminisme réagit à son tour : "C'est très juste ce que vous dites." Puis elle leur explique la notion "d'emprise" et les difficultés qui peuvent se présenter pour les femmes dans ces situations : par exemple dans leur prise en charge, le dépôt de plainte, l'accueil, l'hébergement... ou le manque des moyens des associations pour les accompagner. "Frapper, c'est interdit dans la loi, [une femme] a le droit de porter plainte. (...) Mais ça met des mois. C'est aussi une des raisons pour lesquelles les femmes ne partent pas." Sur cette page, réécoutez en entier toute l'émission franceinfo junior du jour sur les violences contre les femmes, à l'occasion de la journée de mobilisation ce samedi. 

Manifestation contre les violences faites aux femmes, le 6 juillet 2019 à Paris
Manifestation contre les violences faites aux femmes, le 6 juillet 2019 à Paris (RÉMI BRANCATO / FRANCE-INTER)