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Sur la route de l'uranium au Kazakhstan

C'est la plus grande mine au monde dans sa catégorie. Le Français Maxime Michaut travaille depuis deux ans pour le groupe nucléaire Areva au cœur de l'ancienne république soviétique, grande comme cinq fois la France, et en pleine mutation.

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(Maxime Michaut devant un forage à Tortkuduk © Radio France / Emmanuel Langlois)

Une mine, quelle mine ? En arrivant à Tortkuduk, après quatre heures de 4x4 au milieu des steppes du Kazakhstan, on ne voit rien ! Ici, tout se passe sous vos pieds : "On injecte dans le sous-sol une solution qui capte les particules d'uranium et qu'ensuite on repompe à la surface par un système de puits , explique Maxime Michaut, chargé de la communication du site. L'objectif, c'est obtenir des concentrés de l'ordre de 75 à 80% d'uranium."   3.500 forages sont en activité.

(L'usine de Tortkuduk © Radio France / Emmanuel Langlois)

L'eau et l'acide sulfurique injectés sous terre sont entièrement récupérés. La solution est ensuite traitée dans l'usine toute proche à l'aide de résines d'ammoniac. L'uranium est enfin calciné, mis en fûts et expédié. "Ce sont les électriciens qui achètent, explique le jeune Français, principalement en Chine et un peu en France. A la sortie, le minerai suit les autres étapes du cycle, enrichissement et conversion, pour devenir du combustible pour les centrales nucléaires. "

Areva a dû monter un partenariat, une joint-venture, avec le groupe «Kazatomprom» pour avoir accès aux immenses ressources du pays. En quelques années, et après 450 millions d’euros d'investissement, la production est passée de 352 à 4.000 tonnes par an. Depuis deux ans, Maxime Michaut, 32 ans, né à Vesoul, en Franche-Comté, se partage entre la base-vie de Tortkuduk et son appartement d'Almaty, l'ancienne capitale du Kazakhstan, à raison de 10 jours de travail non-stop et 4 jours de repos. A 60 kilomètres du premier village, entourée de barbelés et gardée nuit et jour, la mine emploie plus de 1.200 personnes, en grande majorité des locaux.

(La base-vie de Tortkuduk © Radio France / Emmanuel Langlois)

Pas pour tout le monde. «Comment se sentir enfermé au milieu de la steppe, dans cette immensité, avec la liberté à perte de vue et l'horizon pour infini  ?» questionne Maxime, qui travaille ici avec sa compagne, Manon. "Ça permet de vivre cette aventure, humaine et professionnelle, à deux. On vit la même chose, sur le même rythme, on apprécie ." Maxime s'est mis au russe et à la langue kazakhe. "Au début, on se pose des questions, le Kazakhstan, personne ne connaît. Et puis, j'ai eu des impressions très fortes, des gens accueillants, gentils, de traditions vraiment différentes."

Le Kazakhstan est un pays jeune. Indépendant depuis 1991 seulement, l'ancien satellite de Moscou a fait le grand saut entre l’ère soviétique et l'économie libérale. "Les Kazakhstanais savent s'adapter et faire face aux défis. Il leur a déjà fallu passer de la tradition du nomadisme à la sédentarisation. J'ai confiance ." Après quelques années chauffée à blanc, la croissance s'est stabilisée autour de 4% par an. Le soir venu, la jeunesse dorée se déhanche sur la piste du "Beefore", la boîte branchée d'Almaty. Les adolescentes à la beauté insolente n'ont pas connu l'URSS. Elles ont l'air persuadé que l'avenir va leur sourire.

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(Chameau en liberté dans les steppes © Radio France / Emmanuel Langlois)

Le groupe français Areva et la compagnie minière nationale KAZATOMPROM créent en 1996 la société KATCO, détenant respectivement 51 et 49 % des actions. Le siège situé à Almaty, emploie aujourd'hui plus de 1.200 personnes à plein temps.

KATCO exploite un site comprenant deux mines  au sud du Kazakhstan : Muyunkum et Tortkuduk . Parce que la teneur en uranium des gisements est faible, la méthode de récupération ISR (In Situ Recovery) est mise en œuvre.

• En 2013, KATCO a produit 3.558 tonnes d’uranium  auxquelles s’ajoutent 447 tonnes en cours de production au 31 décembre soit un total de 4.005 tonnes d’uranium. .Ce nouveau record de production est le résultat d’un ambitieux programme "KATCO 4000" qui, lancé en 2009 par la société, visait à augmenter les capacités des infrastructures existantes..

* In-Situ Recovery (ISR) – Méthode d’exploitation pour extraire l’uranium des gisements de basse teneur où le minerai est dissous par l’injection d’une solution chimique au travers de puits. La solution ayant capté l’uranium est ensuite pompée jusqu’à la surface et envoyée vers l’usine de traitement.

(Architecture soviétique à Almaty © Radio France / Emmanuel Langlois)

Le consortium kazakhstanais Katko

(Dans les rues d'Almaty, l'ancienne capitale © Radio France / Emmanuel Langlois)

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(Maxime Michaut devant un forage à Tortkuduk © Radio France / Emmanuel Langlois)