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Français du monde. Sénégal : le grand manitou de la litière pour chat

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François Cherpion dirige l'une des plus grandes mines attapulgite au monde, une argile particulièrement absorbante. Vice-président de l'UFE, il décrit un pays stable, à la croissance forte et régulière tirée par l'agriculture et les matières premières.

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Radio France
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Moment de détente à la Réserve de Bandia, parc animalier à une heure de Dakar (Photo DR)

Pour se faire une idée du développement du Sénégal, il faut se rendre dans les nouveaux quartiers sortis de terre dans la périphérie de Dakar, comme Diamniadio, toute une ville en train de se construire. Chaque année ici, la croissance flirte avec les 6 %, comme en rêverait n'importe quel pays d'Europe !

" Le pays essaie de traverser le gué pour atteindre l’émergence, témoigne François Cherpion, vice-président de l'UFE Sénégal. Le gouvernement appuie le développement d'infrastructures pour désenclaver les régions. Il y a des projets de réinstallation et de développement du train. Eiffage a construit de nouvelles autoroutes. Le port de Dakar est en cours de modernisation. " 

Promenade en calèche dans les rues de Saint Louis du Sénégal, la Venise africaine. (Photo DR)

Bref, le Sénégal avance. Comme beaucoup d’autres pays d'Afrique subsaharienne, il est largement importateur de produits transformés, mais exporte de plus en plus de matières premières : "En plus des industries minières, l'agriculture (mangues, oignons, tomates…) se développe. Autour du fleuve Sénégal, dans le nord, l’État a lancé avec des compagnies privées des programmes d'irrigation pour la culture du riz afin de réduire la dépendance alimentaire."

Tenue traditionnelle pour la célébration par Tolsa de la Sainte Barbe, patronne des mineurs  (Photo DR)

Troubles intestinaux

François Cherpion vit depuis 2013 au Sénégal. Lui habite le Plateau, le quartier le plus ancien de Dakar, à l'architecture coloniale, où on trouve les ambassades, l'Assemblée nationale et la primature, le siège du Premier ministre. Le Français dirige la Société sénégalaise des phosphates de Thiès, ouverte en 1948, l'une des plus anciennes du Sénégal, et dont on a gardé le nom même si la mine produit aujourd'hui essentiellement de l'attapulgite, un type d'argile fossile particulièrement absorbant :

"Ce sont les grains gris des litières pour chat, cela sert aussi à maintenir humide un mortier ou empêcher qu'une peinture ne coule. On l'utilise également dans des médicaments contre les troubles intestinaux puisqu'elle absorbe l'acidité. 

Que ce soit remise de prix d’excellence aux élèves de l’école de Lam Lam ou de diplômes aux employés, la Sainte Barbe est toujours une occasion de se retrouver pour échanger et partager.  (Photo DR)

200 000 tonnes, soit le tiers du marché mondial, sont ainsi extraites chaque année et exportées à 99 %, Le site appartient aujourd'hui à un groupe espagnol (Tolsa). Il emploie 150 personnes à l'année, le double en saison.
Avant le Sénégal, François Cherpion, pur produit lorrain, diplômé de l'Institut commercial de Nancy, a passé 17 ans en Tunisie, d'abord dans le textile, la lingerie féminine, puis le ciment.

A la Sainte Barbe 2015 (Photo DR)

L'UFE, l'ami fidèle

Il décrit le Sénégal comme un pays sûr où les musulmans vivent en paix avec la communauté chrétienne, qui représente 10 à 20 % de la population. Au Sénégal, François Cherpion est donc vice-président de l'UFE.
"On sert essentiellement de relais aux personnes qui ne parlent pas la langue administrative, explique-t-il. L'UFE a quelque chose de l'ami fidèle. On reçoit tous les jours des personnes dont nous sommes le seul lien avec la France. Au Sénégal, il y a beaucoup de gens âgés. Certains se sont précarisés. Avec les conseillers consulaires, nous essayons de les aider et de les défendre." 

A Fathala, une réserve sœur de Bandia à la frontière gambienne près du fleuve Gambie, en dessous du Sine Saloum. On y marche avec les lions… (Photo DR)

Ce qui n'empêche pas des moments plus festifs comme pour la chandeleur ou le beaujolais nouveau. Le pays a accueilli l'an dernier 1,6 million de touristes, essentiellement d'affaires. " Il y a aussi tous les binationaux, détaille-t-il, qui viennent voir leur famille et tous les Français, Espagnols ou Anglais qui viennent vivre six mois par an la " Téranga ", l'hospitalité en wolof, dans leurs propres maisons. Ce n'est pas un tourisme de passage, ils finissent par jouer un rôle dans nos communautés ou des associations caritatives." 
Le gouvernement sénégalais a d'ailleurs supprimé l'an dernier le visa imposé depuis des années et qui freinait le développement du secteur.

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Le bureu de l'UFE Sénégal autour de son président Alain Floriet (Photo DR)

Aller plus loin

L'UFE Sénégal

Retrouvez ce portrait dans la Voix de France, le magazine de l'UFE

Sa société, Tolsa

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