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Expliquez-nous... Le rapport de Jean d'Ormesson à la musique

L'hommage national à l'écrivain Jean d'Ormesson aux Invalides s'est fait au son d'un concerto pour piano de Mozart, auquel l'académicien était très attaché et qui reflétait pour lui la "légèreté profonde" avec laquelle il faudrait savoir écrire. Explications.

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L\'académicien français Jean d\'Ormesson le 17 janvier 2014 à Paris.
L'académicien français Jean d'Ormesson le 17 janvier 2014 à Paris. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)


Jean d'Ormesson parlait de la musique à la fois avec passion et avec beaucoup d'humilité et de modestie, n'en parlant que pour dire à quel point il devait à la musique certains de ses bonheurs les plus intenses.

Durant l'hommage national qui lui a été rendu dans la cour d'honneur des Invalides, a résonné le Concerto pour piano numéro 21 en ut majeur de Mozart dont Jean d'Ormesson parlait souvent.

Dans une interview au magazine musical Diapason en 2015, il disait ceci:

"S'il est un compositeur qui pour moi a pris le pas sur tous les autres, c'est Mozart. Et il y a une pièce qui est pour moi un pilier du quotidien, tant il est rare que je passe plus d'une semaine sans l'écouter : le Concerto n° 21. Parce que la légèreté y atteint une profondeur interdite au pompeux. Cette légèreté mélancolique, je l'ai cherchée avec passion, chez les jeunes filles comme en littérature"

C'est ensuite sur les notes du violoniste Renaud Capuçon que son cercueil a quitté les Invalides.

Il y a un an, en octobre 2016, Renaud Capuçon, avait, dans l'Emission La Grande Librairie sur France 5, joué pour Jean d'Ormesson, à l'initiative du journaliste François Busnel.

Jean d'Ormesson avait alors eu le regard d'un enfant émerveillé. "J'ai tant d'admiration pour vous" avait-il dit au violoniste. Tous deux avaient ensemble parlé musique.

"On m'a souvent accusé de légereté" s'était amusé Jean d'Ormesson. Ajoutant: "Ce qui me parait le plus beau c'est la légèreté liée à une sorte de profondeur. Une légèreté qui va loin dans les racines, qui a l'air d'être sur la surface des choses mais qui va jusqu'au fond, comme le fait plus que personne Mozart".

"J'ai toujours pensé, disait il aussi, en évoquant ce Concerto pour piano numéro 21, que c'est ainsi qu'il faut écrire, avec une légèreté profonde, c'est le comble de la beauté"

L\'académicien français Jean d\'Ormesson le 17 janvier 2014 à Paris.
L'académicien français Jean d'Ormesson le 17 janvier 2014 à Paris. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)