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Expliquez-nous... Le métier de surveillant pénitentiaire

Alors que plusieurs syndicats de surveillants ont appelé à des opérations de "blocage" d'établissements pour réclamer plus de sécurité, franceinfo s'arrête sur la nature et la réalité du métier de surveillant de prison. 

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La prison de Fresnes en janvier 2018
La prison de Fresnes en janvier 2018 (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)


Le surveillant pénitentiaire est un fonctionnaire, dont le statut est défini par un décret datant de 2006, modifié en 2013. Il dépend du Ministère de la Justice et est chargé de prendre en charge, encadrer et accompagner les détenus, assurer leur sécurité et participer à leur réinsertion.

Le quotidien d'un surveillant

De jour comme de nuit, le surveillant pénitentiaire accompagne et surveille les détenus au cours de leurs activités: ouverture et fermeture des portes, reveil, repas, activités sportives ou travail en atelier, visite au parloir, courriers, douches. Il doit maintenir calme et sécurité dans les coursives et en cellules, inspecter, fouiller les détenus, les écouter, tenter d'apaiser les tensions.

Ces taches sont effectuées dans des conditions souvent éprouvantes, notamment dans les prisons en sureffectifs: on compte désormais 69.700 détenus pour un peu plus de 59.000 places opérationnelles.

Au delà de qualités humaines -sens de l'écoute, impartialité, sang froid, maîtrise de soi- le surveillant doit avoir une grande capacité de résistance au stress. Il travaille en horaires alternés: tôt le matin jusqu'à la mi journée; de la mi-journée jusqu'au soir; ou de nuit.

Devenir surveillant

On devient surveillant pénitentiaire sur concours. Pour s'y présenter, il faut posséder le brevet des collèges ou équivalent, avoir au moins 19 ans et au maximum 42 ans, être citoyen de l'Union Européenne, n'avoir pas fait l'objet de condamnation incompatible avec ces fonctions et répondre à certaines conditions physiques.

Après admission, les élèves surveillants suivent une formation de huit mois à l'Ecole nationale d'administration pénitentiaire à Agen. Elle est rémunérée -1200 euros nets par mois- avec une alternance de cours -droit pénitentiaire, gestion du stress, techniques d'intervention...- et de stages en prison.

Les affectations des surveillants sont déterminées à l'issue de la formation, selon le rang de classement obtenu lors de la scolarité. Les trois-quarts des jeunes surveillants sont affectés en Ile de France.

Salaire d'un surveillant et conditions de travail

Un surveillant pénitentiaire gagne entre 1500 et 2200 euros nets -en tenant compte des primes mais hors indemnités de nuit et heures supplémentaires.

Un surveillant pénitentiaire, fonctionnaire de catégorie C, peut être amené à se spécialiser vers des tâches particulières et évoluer, à partir d'une certaine ancienneté, vers des postes d'encadrement.

Au-delà de la demande d'effectifs renforcés et de formations adaptées à la réalité des prisons françaises en 2018, les syndicats pénitentiaires alertent régulièrement sur les conditions d'exercice du métier et ne sont pas les seuls à le faire.

Dans un rapport publié en 2015, l'Institut de veille sanitaire évoquait des nuisances professionnelles spécifiques: stress, sentiment d'insécurité, agressions physiques et verbales, station debout prolongée, bruit, travail de nuit et préconisait une surveillance particulière des conditions de santé des surveillants.

La prison de Fresnes en janvier 2018
La prison de Fresnes en janvier 2018 (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)