Expliquez-nous, France info

Expliquez-nous... La ZAD de Notre-Dame-des-Landes

Alors que les occupants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes se disent prêts à en rouvrir les accès mais refusent toute expulsion, franceinfo s'arrête sur ce qu'est précisément cette "zone d'aménagement différé", rebaptisée "zone à défendre". 

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
Différentes formes d\'habitats sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, en janvier 2018
Différentes formes d'habitats sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, en janvier 2018 (LOIC VENANCE / AFP)

La ZAD de Notre-Dame-des-Landes c'est une zone de bocage de 1650 hectares, à 25 kilomètres au nord-ouest de Nantes. 

ZAD cela signifie au départ "zone d'aménagement différé". Une ZAD est une zone créée par le législateur pour que les collectivités locales puissent faire valoir un droit de préemption de l’État.

Dés les années 70, des habitants et agriculteurs avaient mis en place une association de défense des exploitants. C'est en 2008, après le décret déclarant le nouvel aéroport d'utilité publique, que des militants ont décidé d'occuper la zone, rebaptisée "zone à défendre".

Vie alternative et collective

La Zad est aujourd'hui une sorte de village étendu, habité en permanence par 150 personnes et fréquenté par plusieurs centaines d'autres, autour de différents "lieux de vie". On y trouve 95 maisons, caravanes, yourtes, fermes ou cabanes de toutes formes, construites avec les moyens du bord ou avec l'idée, souvent très réfléchie, d'intégrer l'habitat à son écosystème.

Sur la Zad se cotoient agriculteurs, exploitants expropriés, altermondialistes, écologistes, anticapitalistes, anarchistes.... rassemblés en une microsociété, autour de l'idée récurrente de ne pas faire de politique mais de la vivre.

Dans la Zad, on circule à pied ou à vélo. Il existe une carte des lieux et désormais des boucles pour randonneurs, d'une dizaine de kilomètres, entre sentiers et sous-bois.

Au sud ouest, c'est Saint Jean du Tertre. Pour aller aux 100 noms, il faut passer par la ferme de Bellevue. Plus au nord il y a le Liminbout, où cohabitent habitants d'origine et squatteurs, puis la Rolandière où se trouve le Taslu, la bibliothèque de la ZAD. A l'est: les Fosses Noires, sa boulangerie, son fournil et son équipe de huit personnes qui produit chaque jour entre 60 et 100 kilos de pain.

"Non marché"

La Zad ce sont des potagers collectifs, une brasserie, une bergerie, une infirmerie. On vit en auto-production. 

Fruits, légumes, laitages et pain, se vendent au marché le vendredi à 17 heures. Ou plutôt au «Non-Marché», où les prix sont laissés à la liberté de l'acheteur.

On écoute la radio locale, la radio pirate, radio klaxon.

La Zad c'est aussi un studio de rap, une salle sportive et culturelle et un atelier de sérigraphie où créer affiches et tee-shirts.

Et "justice communautaire"

Les conflits se règlent via un «groupe de médiation»: le «Cycle des douze», inspiré de la «justice communautaire» du Chiapas, au Mexique. Douze habitants tirés au sort pour un mois se réunissent une fois par semaine pour recueillir les doléances et tenter de régler les désaccords. Les cas les plus problématiques peuvent se solder par une expulsion de la ZAD

Différentes formes d\'habitats sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, en janvier 2018
Différentes formes d'habitats sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, en janvier 2018 (LOIC VENANCE / AFP)