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Expliquez-nous... Les nouvelles routes de la soie

Alors qu'à l'occasion de la visite du président chinois en France, il est beaucoup question des "nouvelles routes de la soie", focus de franceinfo sur ce projet chinois et ses enjeux. 

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Un chantier sur le port de Gwadar, au Baloutchistan, au Pakistan, inclus dans le projet des \"Nouvelles routes de la soie\". 
Un chantier sur le port de Gwadar, au Baloutchistan, au Pakistan, inclus dans le projet des "Nouvelles routes de la soie".  (CHRISTINE-FELICE R?HRS / DPA)

Un projet économique, une stratégie globale

Le projet dit de "nouvelles routes de la soie", ou projet "une ceinture une route" (Beld and Road en anglais) a été lancé en 2013 par le président chinois. C'est l'un des axes majeurs du développement de la deuxième économie mondiale. L'idée de départ était de créer une version moderne des anciennes routes de la soie, ce réseau de routes commerciales -terrestres- entre l'Asie et l'Europe.

Le projet est planétaire, s'articule autour de la construction et l'exploitation d'un vaste réseau d'infrastructures, de la Chine vers l'Europe en passant par l'Asie centrale. Il s'étend désormais aussi en Afrique, en Amérique du sud et centrale et en Arctique. Les infrastructures concernées sont routières, portuaires -la cession du port grec du Pirée au chinois Cosco s'inscrit dans ce cadre-, ferroviaires -tracé entre la Chine et l'Allemagne par exemple-  mais concerne aussi le transport à grande vitesse de passagers ou la construction de pipelines.

L'idée est à la fois de faire transiter des marchandises, capter et exploiter de nouvelles ressources et les acheminer de manière sécurisée, réduire les temps de transport entre les pays reliés et, indirectement, renforcer le rôle de la Chine dans la gouvernance économique mondiale, accroitre son influence. Le projet se veut pragmatique, évolutif.

Un projet titanesque

L'effort d'investissement a été évalué à entre 1000 et 4000 milliards de dollars, selon la durée prise en compte. La Chine s'appuie financièrement sur ses banques, mais a aussi créé de nouvelles institutions financières internationales, comme la "Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures"

La majorité des projets se concentre sur six corridors terrestres et sur un réseau portuaire, mais il n'y a pas de liste arrêtée de types de projets ou de secteurs concernés.

Des pays ont signé des protocoles d'accord dans des secteurs très variés: infrastructures numériques, innovations techologiques, mobilité électrique par exemple.

Au total, désormais, une centaine de pays sont impliqués de près ou de loin dans le projet et sont invités à participer à des forums internationaux consacrés aux nouvelles routes de la Soie. Le prochain sommet aura lieu en avril à Pékin. Il s'agit donc, pour la Chine, d'une stratégie globale.

Adhésions mais aussi prudence et critiques

Si la Chine n'a cessé de mettre en avant l'aspect "gagnant / gagnant " du projet, certains pays bénéficiaires des chantiers d'infrastructures lancés par Pékin ont eu tendance à très fortement s'endetter. Le FMI a mis en garde l'an dernier contre les risques de dérapages financiers.

L'Europe avance prudemment. Si l'Italie a signé avec la Chine un protocole d'accord, la France et l'Allemagne souhaitent que les pays de l'Union continuent de porter une position commune d'ouverture à ces projets à condition qu'ils soient transparents, respectueux des normes internationales et européennes, réciproques et soutenables économiquement, financièrement, socialement et sur le plan environnemental.

Un chantier sur le port de Gwadar, au Baloutchistan, au Pakistan, inclus dans le projet des \"Nouvelles routes de la soie\". 
Un chantier sur le port de Gwadar, au Baloutchistan, au Pakistan, inclus dans le projet des "Nouvelles routes de la soie".  (CHRISTINE-FELICE R?HRS / DPA)