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Expliquez-nous ... Areva

Alors qu’Areva va être recapitalisée à hauteur de 5 milliards d’euros, France Info vous rappelle qui est ce géant de l’atome.

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(L'immeuble d'Areva dans le quartier de la Défense près de Paris©MAXPPP)

Areva est un monstre du nucléaire contrôlé à 86% par l'Etat  créé il y a 15 ans en regroupant plusieurs sociétés. Mais aujourd'hui, c'est un groupe qui perd l'une de ses activités cruciales, la fabrication et la maintenance des centrales nucléaires. Cet industriel a été le numéro 1 mondial de l'atome, mais ça c'est fini. 

Areva = Cogema + Framatome  

Areva est en fait une marque assez jeune, née en 2001 en regroupant deux grosses activités du nucléaire. D’une part l'extraction et l'enrichissement de l'uranium, puis le retraitement des déchets, ce que faisait autrefois la Cogema. D’autre part la conception, la fabrication et l'entretien des centrales nucléaires, qui était l'affaire de Framatome. Avec Areva, on fonctionne sur un modèle intégré, tout au long de la chaîne du nucléaire.   

Ex-number one

A son apogée, Areva est un très gros groupe, avec 45.000 salariés dans le monde, dont les deux tiers en France, des mines d'uranium au Niger, au Kazakhstan, en Mongolie, en Australie ou aux Etats-Unis, la construction de l'EPR, le réacteur de 3eme génération, en France à Flamanville, mais aussi en Finlande et en Chine. Et des bénéfices entre 2002 et 2010, mais après, le vent tourne. 

La chute

La catastrophe de Fukushima en 2011 fait perdre des contrats à Areva car le nucléaire fait peur. Ensuite, les EPR accumulent des retards. Huit ans de retard à  Flamanville, neuf ans pour l’EPR en Finlande où le budget a triplé. Areva a dû passer 4,6 milliards d'euros de provisions pour ses EPR. 

Après, il y a cette mauvaise pioche quand Areva achète, cher, la société minière Uramin, dont le principal gisement d'uranium est décevant. L'ancienne patronne d'Areva Anne Lauvergeon est très critiquée sur sa stratégie et sa manière de gouverner le groupe. Elle quitte Areva en 2011.  

Les mesures douloureuses

En 2015, les mauvaises nouvelles s’accumulent. Des pertes de 4,8 milliards d'euros sont annoncées pour l’exercice 2014. 6.000 suppressions d'emplois sont décidées.

 

Finalement, Areva va lâcher l'activité réacteurs nucléaires à EDF pour 2,5 milliards d'euros. Mais attention, le géant public de l'électricité ne veut pas assumer les risques financiers qui pèsent sur l'EPR finlandais.

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(L'immeuble d'Areva dans le quartier de la Défense près de Paris©MAXPPP)